L’autogestion ou aller brailler dans un stationnement

femme stationnement

Samedi. La journée où le beat familial est dans le piton; votre père part faire l’épicerie en avant-midi et c’est moi qui reste à la maison avec vous deux. Vous deux, les filles, vous avez des bâtons de dynamite aux fesses depuis sept heures. Vous étiez en train de jouer dans la salle de jeu avant même mon pipi du matin. Écoute.

Votre père décolle à dix heures en chialant que c’est-plate-faire-l’épicerie-en-plus-qu’il-faut-faire-deux-places.

Pis là. LÀ. C’est ter-mi-né.

Soudainement, vous ne vous entendez plus. Fini ce temps-là. Pouf. Parti en fumée. Vos jeux deviennent le théâtre de cris stridents, de hurlements agressants.

L-ARRÊTE-PAAAAS!, ELLE-ME-REGARDE/TOUCHE-LES-CHEVEUX/TRICHE-À-UNO/NE-FAIT-PAS-LA-DANSE-COMME-C’EST-SUPPOSÉ-DANS-LE-JEUUUUU.

Pis là. LÀ. Ma pression monte.

Il est 10h02 un samedi matin et je suis officiellement à boutte.

J’essaye de gérer ma deuxième brassée en rangeant la vaisselle tout en réfléchissant à ce que je peux vous faire pour dîner avec nos restants parce que votre père ne sera peut-être pas revenu quand vos ventres vont mourir-de-faim-ça-gargouille-ça-fait-mal-faut-qu’on-mange-pas-tantôt-maintenant.

Pis là. LÀ. Il faut que je gère vos conflits de sœurs qui commencent à se taper sur les nerfs parce que ça fait (quand même) 3 heures que vous jouez ensemble.

Ça fait qu’au travers de mes tâches régulières, j’interviens dans vos niaiseries.

L-ARRÊTE-D’ÊTRE-TANNANTE/COUDON-E-EST-CE-QUE-C’EST-TOI-LA-PLUS-VIEILLE-DES-DEUX-PARCE-QUE-ÇA-PARAÎT-PAS/L-JE-T’AVERTIS-T’AURAS-PAS-LE-IPAD-SI-TU-CONTINUES/E-JE-SUIS-À-BOUTTE/HEY-ENTENDEZ-VOUUUUUUS!

Je vous fait donc dîner, je prends une gorgée de café froid/le cœur me lève. Je m’obstine avec L pour qu’elle finisse son *%$#@ d’assiette (Comme à tous. Les. Repas.). Je suis bête, je suis sèche.

Pis là. LÀ. Votre père arrive avec l’épicerie.

Ça serait mal vu que je ne l’aide pas à tout placer dans le réfrigérateur, il vient quand même de se taper l’épicerie-seul-en-arrêtant-à-2-places.

Je suis beyond à boutte. Genre, point-de-non-retour-à-boutte. Et c’est là que votre père choisit de me dire : « Coudon, t’a ben l’air bête toi! »

Pu capable. Je termine de remplir ledit réfrigérateur en contrôlant la rage interne qui menace de vous exploser à la face, je m’invente une commission à la pharmacie et je pars.

Après 5 minutes de voiture à virer dans les rues, je le vois. C’est lui, c’est clair, ma quête est terminée, je l’ai trouvé; le parfait stationnement désert. Je tourne dans l’entrée, je stationne ma voiture, je ferme le moteur… pis je braille. Pas pleurer, là. Brailler. Comme dans une-chance-que-t’as-pas-mis-de-maquillage-dans-ta-face-à-matin-ma-belle.

Un coup le trop-plein évacué, je me frotte les yeux à pleines paumes, je renifle et je m’autogère en me regardant dans le rétroviseur. Je quitte le stationnement en l’enregistrant dans ma tête pour une prochaine fois, je vais à la pharmacie, je fais toutes les rangées en respirant bruyamment pour ventiler, je m’achète un vernis à rabais et je reviens à la maison, comme si de rien n’était.

La minute où je passe la porte, vous me dites : « Caaaaath! T’étais où? On s’ennuyait nous! On avait hâte que t’arrives! »

E et L, vous me faites capoter mais maudit que je vous aime.

PS. J’ai relativement beaucoup de vernis à ongles à la maison.

Catherine I.
CATHERINE I.

Une réflexion sur “L’autogestion ou aller brailler dans un stationnement

  1. Marie Répondre

    Ah non! Mais c’est exactement à ça que ressemblent mes samedis à moi aussi!! Merci 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *