Le secret le mieux gardé de la parentalité

bébé naissant maman

Mon beau grand garçon,

Tu es encore tout petit, du haut de tes presque cinq pommes. Mais plus tôt que tard viendra le moment où tu seras grand et où tu seras aussi, peut-être, parent à ton tour.

Aujourd’hui, à travers ton regard espiègle, je te vois me regarder avec tes yeux d’enfant, moi, ta maman qui voit tout, qui entend tout et qui sait tout.

Ce qui t’échappe, c’est que je porte un lourd secret. Un secret que tous les parents portent mais dont personne ne parle. Un secret tellement fou que tu n’oseras même pas y croire.

La vérité, mon grand, c’est que je ne sais pas ce que je fais.

Tu es arrivé un bon matin de novembre sans mode d’emploi avec ton corps minuscule et tes cris stridents. Tu ne parlais pas et j’ai dû apprendre à tâtons à découvrir ce qui provoquait tes pleurs et ce qui te faisait rire. J’ai cru, à tort, que tu avais faim quand tu avais froid. Je me suis souvent trompée en pensant que tu avais mal au ventre quand tu avais chaud. J’ai pleuré ma vie en tentant de consoler ta peine quand tu voulais me dire que ta couche était pleine.

Je ne savais pas ce que je faisais. Mais tu as grandi.

Puis est venu le temps de t’apprendre à marcher puis à parler. Nous étions là, tous les deux, assis sur le sol, et j’essayais de te montrer par une multitude de moyens plus farfelus les uns que les autres comment te lever, comment mettre un pied devant l’autre. Et toi, tu me regardais, l’air complètement ahuri. Puis nous étions là, aussi, tous les deux, en train de dévorer des Cheerios pas de lait pendant que je te répétais des mots avec ma voix d’enfant en m’acharnant sur chaque syllabe en te regardant avec insistance dans l’espoir que tu les répètes. Et toi, tu me regardais, incrédule.

Je ne savais pas ce que je faisais. Mais tu as marché, puis parlé.

Du haut de tes presque cinq pommes aujourd’hui, j’essaie de t’apprendre à être un grand. À avoir un grand cœur mais aussi à penser à toi. À respecter les autres mais à d’abord te respecter toi-même. À t’affirmer mais à toujours écouter les consignes. À t’amuser mais à ne pas t’exciter. À parler clairement, mais idéalement pas trop fort. Et toi, tu es là, et tu essaies de jongler avec toute l’incohérence de mes propos d’adulte.

Je ne sais pas ce que je fais. Mais tu deviens un grand garçon merveilleux.

Ce que je sais, mon grand, et c’est aussi ce que je veux que tu retiennes, c’est que je fais de mon mieux et que je te donne le meilleur de moi-même chaque jour. Et même si ce meilleur est parfois truffé d’impatience, de contradictions, d’essais et d’erreurs, il est et sera d’abord, surtout et toujours rempli de l’amour que je te porte.

Je ne sais toujours pas ce que je fais mais je sais que je t’aime.

Et je veux croire que cet amour saura toujours pallier tout ce que je ne saurai finalement jamais faire.

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4 thoughts on “Le secret le mieux gardé de la parentalité

  1. Laurence Berger Répondre

    Wow! C’est magnifique ! Merci de mettre des mots sur ce grand secret.

  2. Sandrine Répondre

    Superbe texte, très émue à te lire, bravo ! tu dis tout ce que je ressens..

  3. Joanie Répondre

    Quel magnifique texte! Je me reconnais là dedans 😊 merci

  4. Anne b Répondre

    Je voulais pas, j’ai lutté, mais j’ai pleuré quand même !
    Tout à fait ce que je vis ^-^
    (Doit on livrer ce secret à son enfant de 5 pommes?)
    Merci

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