Les bébés dragons : ces bébés avec un sale caractère

bébé faché

Les bébés dragons ne sont pas toujours faciles à reconnaître. Dans leurs premiers jours de vie, ils ressemblent à tous les autres bébés. Puis, après deux semaines de ronflette, le dragon qui sommeille se réveille. D’abord tranquillement. En grognant légèrement de façon constante. Puis les grognements s’intensifient. Le fameux 5 à 7 se transforme bientôt en 3 à minuit. Les hurlements du dragon sont incessants et commencent dès le réveil pour prendre de l’ampleur tout au long de la journée. La teinte du dragon varie généralement du rouge bourgogne au violet orageux. Et rien ne semble vouloir apaiser la colère du dragon. Rien. Rien du tout.

Les parents de bébés dragons sont également difficiles à reconnaître. Par peur d’être jugés, ils se taisent et n’osent pas partager leur détresse. Les autres parents, accomplis ou en devenir, croiront tous détenir la solution. Seuls les parents de bébés dragons peuvent vraiment comprendre les sentiments qui habitent les membres de leur clan.

La déception envers soi-même. Envers son conjoint. Les remises en question et les doutes. La peur de passer à côté de quelque chose. Admettre la défaite. Ne pas se sentir à la hauteur. Être constamment en colère. Contre la vie. Contre les gens autour de soi. Et contre ce petit être qui aurait sans doute fini au fond d’un fossé il y a quelques milliers d’années.

Ils auraient bien besoin d’une petite pause, mais n’osent pas confier leur bébé dragon à quiconque, convaincus qu’ils sont définitivement les seuls à pouvoir refreiner cette envie de le jeter par la fenêtre. Le spécialiste des bébés, dragons ou pas, leur apportera peu de réconfort en leur assurant que cela passera avec le temps. Qu’il n’y a rien d’autre à faire que de patienter.

Et bien sûr, après quelques mois, bébé dragon sera finalement apaisé. Il ne hurlera plus toute la journée. Il pourra devenir un petit dragon clown. Ou un dragon princesse. Ou un dragon artiste. Ou un dragon super-héros. Mais il demeurera toujours un dragon.

Le dragon dormant sera souvent plus difficile à apprivoiser. Il pourra ressurgir de temps à autre pour des raisons qui paraîtront banales aux yeux non avertis. Des crises de larmes interminables, aux colères explosives, en passant par le refus de saluer les invités, le dragon rappellera constamment sa présence latente. Les parents du dragon devenu grand tenteront tant bien que mal de justifier leur petit et ses comportements démesurés. Ils tenteront de compenser pour tous ces gens autour de petit dragon qui se découragent et ne tentent plus de percer son épaisse carapace. Le petit dragon a souvent besoin d’une aile protectrice supplémentaire. Parce que, comme ses parents en ont fait l’expérience, il faut parfois beaucoup de patience et d’humilité pour apprendre à bien le connaître et découvrir sa richesse. Mais une fois apprivoisé, le dragon aime sans compter. Avec un cœur à la mesure de la bête.

Et parce que ses parents savent bien que tous ne découvriront pas son cœur immense, ils l’aimeront encore davantage. Et il le leur rendra bien.

Mama Caroni
MAMA CARONI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *