L’arnaque de la sécurité infantile

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Tout commence alors que tu t’affaires pénarde dans la pièce d’à côté à faire ce que tu aimes par-dessus tout : la vaisselle. Avant de te lancer dans ce plaisir pur et lucratif au possible, tu as pris bien soin d’installer ton bébé sur son tapis de mousse avec des coussins tout autour. On n’est jamais trop prudent t’sais. Mais tout à coup, tu l’entends hurler sa vie. Tu accoures les mains pleines de mousse pour le retrouver les jambes coincées sous le divan.

La réalité t’explose en pleine face, mini a compris la mécanique du déplacement à reculons. Sincèrement, tu as une petite sueur froide qui te part du gros orteil pour te monter tout le long de l’échine jusqu’à la nuque. Finie la procrastination fille, il est temps que tu penses à rendre ton intérieur childproof.

Jusqu’ici tu étais dans le déni total de cette affaire-là mais impossible de continuer de te cacher dans ton petit monde rempli de licornes et de petits cœurs en sucre. Les risques de fouilles archéologiques dans tes armoires, tiroirs, litière du chat et du bol de bouffe du chien augmentent drastiquement. Que dire du potentiel de cognage de tête sur le coin de la table, des doigts dans les prises de courant et de la probable noyade dans le bol d’eau des animaux? Faut que tu y voies pis vite la grande.

Ça fait que tu te rues dans l’allée des bébés du magasin grande surface le plus proche pour acheter le kit anti-bébé par excellence. Comme c’est ton premier, tu ne veux rien laisser au hasard t’sais, fait que ça coûtera ce que ça coûtera.

Comme tu es partie en panique rapidement, tu n’as pas calculé le nombre de barrures de portes d’armoire que ça te prend pis tu te sens ben bête de ne pas avoir enregistré cette information-là dans ton cerveau. T’as beau t’imaginer ta cuisine, t’arrives pas à faire le décompte. Mais ça ne s’arrête pas là. Tu n’as aucune idée du nombre de coins de table, de poignées de portes et de prises de courant à condamner protéger. Puis tu restes pas mal perplexe devant la barrure de siège de toilette. Tu as beau revirer la chose de tous bords tous côtés, tu n’y comprends rien et tu sens tes neurones s’enfuir un à un. Il y a vraiment quelque chose d’épeurant à ne pas être capable d’ouvrir c’te gréement-là au moment même où ton système digestif sonnera l’alerte générale.

Ça fait que tu reviens joyeusement à la maison avec ta valise de char bien pleine de cossins en plastique blanc et en caoutchouc mou dernier cri. Tu as clairement le sentiment du devoir maternel accompli.

C’est après avoir passé ta soirée à sacrer en compagnie de ton Homme à poser ces cochonneries-là éléments de sécurité que tu réalises le ridicule de tout cela. T’aurais donc dû acheter une trâlée de barrières de sécurité, ça aurait été ben moins compliqué pour tout le monde.

Finalement, c’est clair qu’il n’y aura pas que bébé qui va avoir de la misère à mettre la main sur ton robot culinaire ou à ouvrir la porte de ta chambre.

Annie Chamass
ANNIE CHAMASS

 


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