Lettre à mon aînée

maman fille joie

Ma belle amour,

Il y a à peine quelques mois encore, tu étais la seule au centre de mon univers. Toutes mes pensées et mon amour maternel ne convergeaient que vers toi. Il y avait ce petit être qui grandissait en moi et que j’aimais aussi, mais tant que ce petit trésor n’avait pas de visage, cet amour, c’est à toi que je le témoignais. Tu n’étais encore qu’un petit bout de chou de deux ans et demi. Encore un bébé à mes yeux. Je te berçais le soir en respirant l’odeur de tes cheveux et en me demandant si ton père et moi avions pris la bonne décision de te faire cette petite sœur qui allait bientôt arriver. Est-ce que c’était vraiment un cadeau de te permettre de ne plus jamais être seule ou bien si c’était au contraire une pomme empoisonnée qui nous volerait ces moments précieux et cet amour si fort?

Avec l’aide de papa, je t’ai préparée du mieux que j’ai pu à l’arrivée imminente d’un petit bébé dans ton quotidien. Tu avais si hâte de faire sa connaissance. Tu étais tellement joyeuse le soir où je t’ai sortie de ton lit en te disant « Viens mon amour. Tu vas finir ton dodo chez mamie parce que papa et moi on s’en va chercher ta petite sœur à l’hôpital! ».

Puis est venu le moment où j’ai posé mes yeux sur cette petite sœur. Pouf!

Mon amour pour toi est non seulement resté intact, mais il a prit de l’expansion puissance mille pour enrober cette petite boule de chair rose de l’exacte et même façon. Mais ce n’est que lorsque tu es venue nous rendre visite à la maternité que j’ai réalisé à quel point je t’aimais encore de tout mon cœur tout comme ce nouveau bébé dans ma vie.

Je ne te mentirai pas, quand on accouche de son premier enfant, des fois le lien se fait instantanément et des fois il prend un peu plus de temps pour s’installer. T’sais on a beau s’être préparée le mieux possible, un premier bébé, ça vient quand même foutre un joyeux bordel dans une vie bien rangée. C’est ce qui m’était arrivé avec toi. Ne t’en fais pas, ça n’a été l’histoire que de quelques courtes heures. Par la suite, je n’aurais pas donné cher de la peau de celui ou celle qui aurait tenté de nous séparer.

Lorsque le bébé suivant arrive, notre instinct est déjà là, prêt à aimer. Alors oui, j’ai senti ce lien spécial tout de suite avec ta soeur. Mais ça ne veut pas dire que je l’aime plus. Je sais que c’est difficile à concevoir, surtout du haut de tes deux ans et demi, mais je vous aime tout autant l’une que l’autre. Je donnerais ma vie de la même façon pour toi que pour elle. Vous êtes la chair de ma chair, mes petites filles chéries faites d’amour avec un grand A.

Aujourd’hui quand je te vois imiter mes gestes avec ta petite sœur en la cajolant, en la berçant, en lui redonnant sa suce et en la réconfortant quand elle pleure, je me dis que tu es grande maintenant. Je sais que nos moments juste toutes les deux sont plus rares puisque je dois me partager en deux, mais ils en sont plus précieux, voilà tout.

Quand tu es endormie dans ton lit de grande fille, chaque soir, je vais te voir pour te cajoler une dernière fois avant que Morphée ne s’installe pour la nuit. C’est à ce moment que j’essuie immanquablement une larme sur ma joue. Une larme de joie car je t’aime tellement. Une larme de colère car je réalise à quel point le temps nous file entre les doigts. Une larme de culpabilité parce que je sais que je ne t’accorde plus autant de temps qu’avant. Une larme de fierté parce que tu deviens une petite fille et une grande sœur tellement merveilleuse.

Alors tiens-toi le pour dit, ma belle grande fille. Je t’aime. Même si ma patience atteint ses limites plus vite qu’avant. Même si parfois tu dois attendre parce que le bébé doit passer avant. Même si tu dois apprendre plus vite à te débrouiller seule. Même s’il y a des moments où je me demande à quoi j’ai pensé d’avoir des enfants. Malgré mes doutes, mes sautes d’humeur souvent induites par les hormones et le manque de sommeil, mes peurs et mes instants de culpabilité, c’est toi qui m’as appris à être maman dès l’instant où tu as annoncé ta venue dans ma vie.

Tu as été et seras toujours mon premier amour maternel, celui qu’on n’oublie jamais et qu’on chérit au plus profond de son cœur toute notre vie.

Je t’aime.

Maman

xxx

Amy Bureau
AMY BUREAU

3 thoughts on “Lettre à mon aînée

  1. Fantino Répondre

    Quel beau temoignage d amour !!!! Ecivez lui en vrai pour qu elle le lise plus grande car ces mots sont pour elle avant tout !!! Merci pour ces mots si vrais si doux et puissants en meme temps !

  2. Pamela Répondre

    Wow !!! Merci pour ces mots !!! C’est tellement ce que je ressens !! Wow !!! Merci de l’avoir mis en mots !!! Puis-je garder votre texte et le glisser dans son livre d’enfant pour plus tard ?!? Avec votre nom bien sûr !!!

    1. Amy Répondre

      Avec plaisir voyons!!! N’oubliez pas d’y joindre votre propre dédicace 😉

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