Les grands-parents

grand-maman dehors

Tu pourrais leur dire cent fois que toi, tu ne permets pas à tes enfants de manger deux desserts après le souper. Mais ils vont quand même servir trois gâteaux Vachon et deux paquets de Rockets à tes p’tits.

Tu pourrais leur dire cent fois que toi, tu ne permets pas que ta progéniture s’assoit sur la table. Mais eux, ils ont pour leur dire que si c’est pour mieux assembler les morceaux de son casse-tête, y’a pas de problème.

Tu pourrais leur dire cent fois que toi, tu ne permets pas non plus qu’ils aillent à la garderie avec leur chandail de pyjama. Eux, ils vont continuer de trouver que ça développe leur liberté d’expression.

Tu pourrais leur dire cent fois que toi, tu ne prônes pas le cododo (en-tout-cas, pas quand papa est là, (chut!)). Eux autres, ils aiment ça, se réveiller avec des orteils dans le nez.

Tu pourrais leur dire cent fois que toi, tu ne trouves pas que c’est une bonne idée de manger du spaghetti dans le salon. Mais ta mère, elle, elle a toujours la guenille dans les mains anyway, ça fait que c’est pas une tache de plus ou de moins qui risque de la faire changer d’idée.

Même s’ils t’écoutent, l’information passe d’une oreille à l’autre, de grand-papa à grand-maman, sans même qu’un ou l’autre ne bronche un p’tit peu.

C’est ça des grands-parents. Ça fait ce que ça veut avec ton enfant quand t’as le dos tourné.

Ils ont pour leur dire qu’ils ne sont là que pour gâter, cajoler et aimer leurs p’tits-enfants inconditionnellement. Qu’ils ont eu leur quota d’autorité avec tes frères et toi. Même qu’à c’t’heure, ils ne sont plus sévères pantoute pis ils sont zen comme vingt.

Pire, ils ne se souviennent même plus de l’époque où ils te chicanaient pour trois fois rien. On dirait qu’ils ont jeté la disquette de leur cerveau sur laquelle étaient stockées ces informations au moment même où ils ont mis les pieds dans ta chambre d’hôpital afin d’y rencontrer leur premier petit-enfant.

Ça fait que laisse-les être des grands-parents gâteaux. Ils y prennent tellement plaisir et ta progéniture aussi.

Quand ils s’en vont chez papy et mammy, le départ de la maison n’est jamais aussi pénible qu’un lundi matin de garderie. Au contraire, ils savent que la liberté les attend. Aller chez papy et mammy, c’est rien de moins qu’un party, pis c’est ce qu’il faut que ça soit.

J’te dis pas de les laisser dérégler l’éducation que tu t’efforces de donner à tes enfants à longueur de semaine mais, un p’tit lousse, ça ne fait jamais de tort à personne.

Les enfants, c’est intelligent. Pas mal plus qu’on peut le croire par moment.

Ils comprendront bien assez vite que, ce qui se passe chez papy et mammy, reste chez papy et mammy. Un peu comme ce qui s’passe au chalet, tu comprends ?

Laurianne Loyer-Bernatchez
LAURIANNE LOYER-BERNATCHEZ

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