Ta maternité a le droit de lever le drapeau blanc

femme découragée

Les oreilles te frisent, les cheveux te grisaillent pis il te semble que le cœur est sur le bord de te lâcher. Entre tes deux-cent-soixante-quinze responsabilités de mère-de-famille-blonde-employée-modèle-pis-chum-de-fille-qui-a-pas-vu-sa-gang-depuis-1996, des fois, force est d’admettre que quand les enfants se couchent, les deux bras te tombent en même temps que la pression que tu te mets sur les épaules. Mais rien que pour une couple de minutes. Parce que t’es déjà en train de préparer les lunchs du lendemain pis de plier une brassée de foncé.

Ça t’arrive, des fois, d’avoir l’impression de perdre pied. De perdre le contrôle. De ne plus en venir à boutte. D’avoir envie de t’enfermer dans la salle de bain pis de t’asseoir sur la toilette en braillant pour l’éternité.

C’est à peu près là que tu te ressaisis, que tu prends un grand respire, que tu te dis que toute va bien aller pis que tu repousses dans un coin ben ben loin de ton esprit le fait que t’es au bout de ton rouleau. Que t’as besoin d’aide. Toi, la mère toujours en quête de faire plus, pis mieux. Que des fois, avec les enfants, c’est peut-être juste trop même si tu les aimes plus gros que l’univers. Que t’aimerais ça que ton chum t’aide plus. Que la marraine mette la main à la pâte des fois, au lieu de dépenser des centaines de piastres en cadeaux de fête pis en cadeaux de Noël. Que ta chum passe te chercher des couches. Que ta mère te prépare une recette de sauce à spaghetti. Qu’elle prenne les petits deux ou trois jours pour te permettre de reprendre le dessus.

Pour te permettre de dormir huit heures en ligne pis de manger d’autre chose que des toasts frettes. Pour te permettre d’écouter une série en rafale pendant six heures de temps. Pour te rappeler que ça existe encore même si ça se fait rare, du temps pour toi. Pour te permettre de reprendre ton souffle.

Mais tu le fais pas, parce que tu penses gros comme le bras qu’une mère qui a de l’allure sait gérer sa vie. Qu’elle n’a pas d’affaire à lever le drapeau blanc, à crier dans son oreiller ou à s’emballer à grands coups de mayday-maday dans la radio de sa vie. Que toutes les fois que tu demandes de l’aide, c’est rien qu’un échec de plus à ajouter sur le tas de tout ce que tu as l’impression de faire de travers.

Sauf que tu te trompes. Parce que la maternité ne vient pas avec un manuel.

Tu fais de ton mieux au quotidien.

Et il n’est écrit nulle part que t’es supposée de le faire toute seule.

Pis ta maternité a le droit de lever le drapeau blanc.

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