La belle-famille

belle-famille grand-mère

On ne s’est pas choisi, t’sais. On ne va pas se le cacher. Pis même si je vois poindre deux ou trois des traits de mon chum à travers toi, force est d’admettre que tu ne lui ressembles pas plus qu’il faut. Ça fait qu’il nous reste plus grand-chose en commun, toi pis moi, outre cet éléphant dans la pièce, ce chum, ce fils, ce neveu qu’on partage.

Ma belle-famille, j’aimerais donc ça, ne pas entretenir cette image caricaturée de toi. Cette image déplaisante qui me donne le goût de m’enfermer à double tour chez nous en prenant soin de mettre tous les téléphones à mute.

Ça fait que voici le guideline pour retrouver l’enthousiasme des premiers temps. Quand on se faisait de la façon, qu’on se souhaitait bienvenue pis qu’on s’invitait à souper.

#1   Ne me dis pas quoi faire pis respecte mes choix

J’ai rien contre les conseils. Je pense qu’on a tous quelque chose à s’apporter. Mais vas-y mollo. Parce que quand tu me dis comment élever mes p’tits pis gérer mon quotidien, je fais un effort surhumain pour contenir mon œil qui saute. Pis quand tu me demandes quand est-ce qu’on va en faire un troisième parce que t’aimerais ben ça l’avoir pour les fêtes – comme si c’était un nouveau modèle de grille-pain – j’ai ben de la misère à empêcher ma jugulaire de sortir de ses gonds. Pis je te parle pas des moments où tu t’opposes aux directives que je donne aux p’tits en plein dans ma face à grands coup de laisse-le-faire pis c’pas-grave pis pauvre-p’tit. Ni de tes soupirs entendus. Ni de tes en-tout-cas.

Comprends-moi bien. Je respecte ton point de vue pis ta façon de faire les choses. Mais c’est de ma famille immédiate à moi qu’on parle. Pis j’aimerais ça que tu respectes ma façon de faire.

#2  Arrête de vouloir débarquer à la dernière minute

La vie va vite t’sais. Pis la nôtre est réglée au quart de tour. Ça fait que quand tu débarques un soir de semaine à six heures et quart pour faire coucou quand le plus vieux récite ses leçons pendant que je me tape la vaisselle en essayant de convaincre le plus jeune d’aller prendre son bain, que j’ai la broue dans le toupette depuis deux heures pis j’en ai plein mon casque, tu tombes ben mal. Ça fait que j’ai pas particulièrement envie de jaser de macramé pis des fêtes qui s’en viennent dans quatre mois.

Pis à l’inverse, quand arrive enfin le moment ultime où je peux enfin prendre un break, j’ai le goût de pouvoir choisir de m’évacher dans le divan en bobette sans craindre que tu ressourdes à huit heures et quart pour me livrer des pots de sauge à la spaghetti pis du pâté à la viande – que j’apprécie énormément, ne te méprends pas – ou demander des suggestions de cadeau de fête.

Laisse-moi de l’air pis respecte ma vie privée t’sais.

#3 Préviens-nous à l’avance quand tu veux organiser quelque chose

Je sais que t’aimes ben ça organiser des fêtes pis des soupers de famille pis c’est ben vrai que c’est l’fun de passer du temps tout le monde ensemble pis de se retrouver même si je suis pas une grande fan des histoires de gang. Mais deux jours avant ledit événement, il est trop tard. Je suis peut-être maman mais je porte aussi le titre de G.O. à mes heures pis chaque semaine, je créative pour entertainer tes neveux-petits-enfants. Ça fait que le vendredi soir, ça fait longtemps que mes plans de fin de semaine sont faits.

Pis s’il-te-plaît, arrête d’être déçue quand je refuse ton invitation sur le fly pour qu’on passe faire un tour chez vous dans une heure. Pour lesdites raisons que je viens de mentionner. Mais aussi parce que trimbaler notre gang nécessite une gestion qui a besoin d’un minimum de préparation physique et mentale pis relaxer à la maison est aussi une activité que j’aime mettre à l’horaire dans le calendrier.

Ça fait que préviens-moi à l’avance. On vient en paquet de quatre pis on aime ça, se préparer, nous autres.

Ça fait que c’est ça. Je suis pas la casse-party qui essaie d’éloigner ton gars-neveu-petit-fils pour toujours comme tu me donnes la dangereuse impression de croire par moments t’sais.

Entre mes envies pis tes besoins, ceux des p’tits, du chum pis de la famille de l’autre bord, je suis rien que la fille qui gère le planning de la gang pis qui essaie de faire plaisir à tout le monde en préservant un tant soit peu sa propre qualité de vie.

Pis je serais ben contente que tu puisses en faire partie, de la qualité, je parle. Ça fait que j’aimerais ça, qu’on s’entende.

Parce que je t’aime ben pis parce que grâce à toi, je passe le plus beau de ma vie avec l’homme que j’aime, le même que t’as construit pis que t’as élevé à grands coups du même amour que je porte à mes p’tits aujourd’hui.

Ah ben. V’là notre deuxième point en commun.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L’OMBRE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *