Ode à la mère au foyer

femme maison

Lorsque la fin de mon premier congé de maternité a approché, je me suis dit que j’aimerais donc ça être mère au foyer, que j’aimerais donc ça dire Bye Bye Boss pis m’occuper à cent pour cent de mon enfant. Je ne l’ai pas fait. Je ne l’aurais jamais fait.

Bravo à toi qui t’es lancée, en pesant les avantages et les inconvénients, en utilisant ta calculatrice pour trouver le meilleur scénario financier, en ayant un partenaire de vie qui te soutient de toutes les façons dont on peut en avoir de besoin.

Moi, c’est un saut que je n’étais pas capable de faire, ça prend un courage que je n’ai pas. Et avec un peu de recul, je réalise qu’autant j’adore mes enfants, autant je ne pourrais jamais accomplir ce rôle-là. On se met le doigt dans l’oeil jusqu’au nez quand on pense que pour être mère à la maison il suffit d’être mère et d’être à la maison.

Toi, la mère au foyer, tu m’impressionnes.

Quand je pars travailler, je me sens presque en congé. C’est demandant, ces petites bêtes-là. Pis même si je les aime to the moon and back, c’est le réservoir de patience qui finit par se vider. Passer la journée avec un bébé c’est une chose, c’est relativement facile et les besoins sont primaires. Mais plus ton p’tit prend de l’âge plus ses besoins se complexifient et sont prenants.

Quand je vois tous les bricolages et toutes les activités que les enfants font à la garderie, je ne peux pas m’empêcher de me retrouver en admiration devant toi, la mère qui se tape ça quotidiennement. À tous les jours ou presque – faut bien lui donner un break pauvre fille -, tu planifies des belles activités, même fatiguée, même malade. Y’en a pas de congé de maladie pour une mère au foyer. Y’en a pas de journée je-fais-mes-petites-affaires-mon-enfant-est-à-la-garderie. Tu es là, toujours prête, comme un scout.

Lorsque mon fils est à la maison, on dirait qu’il passe sa journée à se plaindre qu’il a faim. À un moment donné, je suis à cours d’idées et je ne sais plus quoi lui servir pour les-trois-repas-plus-collations-non-pas-ça-maman-je-veux-des-petits-poissons. Ce cassage de tête-là, toi, c’est 365 jours par année que tu le vis. Quand tu fais ta liste d’épicerie, tu dois le prévoir pis établir ta routine. L’excuse de c’est-le-weekend, ça fonctionne pas pour toi. C’est lundi à l’année longue.

Moi, j’en profite pour clancher mon ménage, quand les enfants ne sont pas là, parce que je sais qu’il n’y a rien de plus difficile que de réussir à torcher une maison avec tes p’tits dans les pattes. Toi, la mère à la maison, tu le fais. Je ne sais pas comment tu y arrives sans perdre ta santé mentale. Donne-moi donc tous tes trucs, parce que moi, je n’y arrive pas. Et en bout de ligne, tu ne peux pas t’asseoir et admirer la propreté parce qu’on sait toutes les deux que ça se défait au fur et à mesure, le ménage, mais malgré tout, tu le fais pareil.

Pis le pire dans tout ça, c’est que non seulement tu as rarement de reconnaissance à la maison pour ton bon travail mais on passe son temps à te dévaloriser dehors. Certains essaient de mettre un salaire là-dessus pis d’autres se comparent et pensent qu’en travaillant aussi, ils ont forcément le double des tâches.

Ça fait que toi, la mère au foyer, tu m’impressionnes.

Pis je sais que si c’était à refaire, tu prendrais la même décision, pis ça, c’est tout à ton honneur.

Émilie Verret
ÉMILIE VERRET

Une réflexion sur “Ode à la mère au foyer

  1. juste1maman Répondre

    Alors je suis d’accord avec vous que je ne le ferais pas non plus. Mais, être au foyer quand tous les enfants sont à l’école, le rythme n’est plus le même…et là, oui là, Je veux bien être au foyer 🙂

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