Les 4 faits de l’ère du pré-ado

enfant préado vélo

Passé l’âge de huit ou neuf ans, on va se le dire, il y a un petit je-ne-sais-quoi qui s’empare de l’innocence de notre enfant pour la varloper quelque part dans un monde parallèle et nous rappeler avec quasi-brutalité que notre bébé, il est dorénavant dans une lointaine contrée.

#1  Les petits mots d’amour

Même si on a tous enduré le nettoyage de moustache de lait avec le pouce humecté de salive de notre mère et qu’on a cru bon éradiquer cette pratique, il reste que nous ne sommes toujours pas au point. Les “mon amour”, “mon loup” et surtout “viens dans mes bras” en public ont maintenant pour conséquence LE regard de Jean-Luc Mongrain quand il prend une pause, oeil qui tressaille et menton baissé, pour mieux s’époumoner sur le pas-de-bon-sens de sa chronique du jour.

#2  Les becs

Je suis très portée sur les becs. Je pense que j’en donne même à des objets inanimés. Un bec, ça m’apporte une satisfaction qui me permet d’accepter le trop plein de mignonneté d’un individu. Or, celle de mon fils dépasse souvent l’entendement et je ne peux plus, à tout moment, combler cet oppressant besoin. Au dodo, oui. À d’autres moments sporadiques, avec un peu de chance. Mais il reste que sa face cute, elle, brille par sa présence à temps plein. C’est un combat pour bien des mères.

#3  Les internets

Dites-moi que vous avez 100% le contrôle sur les internets en présence de votre enfant et je ne vous croirai pas. J’ai beau être dans la même pièce que lui, il a vu la bande-annonce d’un film d’horreur à glacer le sang en prémices à un vidéo Youtube pourtant très visa général. Ah et malgré ma bonne volonté à trouver des sites qui me semblent appropriés, je l’ai néanmoins surpris en train de jouer à un jeu où il personnifiait un bonhomme-allumette qui faisait une course en chevauchant une toilette chimique sur laquelle il devait atteindre la ligne d’arrivée avant que le contenu total de matières fécales ne se soit échappé de la cabine en question. Ça fesse. Surtout quand tu passes plus de temps à démystifier le brainstorm en arrière de ça qu’à te sentir coupable.

#4  Les vêtements

Ça devient compliqué autant chez les filles que chez les garçons. On est devenues, en quelques sortes, les matantes qui pensent être dans le coup mais qui sont de l’autre bord de la track. C’était la belle vie quand il était bébé et 100% vulnérable à ses accoutrements. Maintenant, on ne veut pas l’opprimer dans ses choix vestimentaires mais Doux Jésus que c’est gênant quand il veut venir à notre 5 à 7 avec un tee-shirt trop petit juste parce qu’il est à l’effigie d’un personnage Minecraft. L’amalgame des couleurs devient aussi très hétéroclite et il faut vivre avec, faut croire.

Il n’est plus là ton bébé. Il trippe sur des Youtubeurs. Il commence à savoir ce que c’est que des likes. T’apprends qu’il sait comment faire des bébés en l’entendant parler dans le sous-sol par la bouche d’aération. Tu commences à être mêlée dans la latitude d’autonomie à lui laisser pour se promener seul dans le quartier, parce que c’est beau, mais c’est dur.

Comme avec un bébé, le pré-ado ne vient pas avec un mode d’emploi. Faut que jeunesse se passe pis t’es loin d’avoir fini. Mais comme chaque étape à son lot de bons côtés, ça va bien aller, hen?

Ben oui, ça va bien aller…

Annie Richard
ANNIE RICHARD

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