Le calvaire des gâteaux de fête maison

main pâte farine

Avec l’avènement de Pinterest et autres sites de création à la mode, vient une espèce de pression sociale pour imaginer des anniversaires, et surtout des gâteaux d’anniversaire, tous plus extravagants les uns que les autres et ce, année après année. Ça fait que tranquillement, tu plonges là-dedans avec toute ta naïveté de maman qui veut rendre sa progéniture heureuse.

À un an

Pour son un an, tu ne te casses pas trop la tête. De toute façon, le but est que ledit gâteau finisse écrapouti dans la face de ta progéniture parce que tout le monde veut une photo de premier anniversaire avec la face pleine de gâteau. Même si une fois sur deux, le bébé veut rien savoir de mettre les mains dans cette masse étrange un peu sur le camp, rose et/ou bleu fluo, qui traîne sur la tablette de sa chaise haute, ça se termine quand grand-maman sapre les menottes de bébé dans le crémage de force entraînant, fatalement, une crise monumentale, un bain et des parents un peu désillusionnés sur les souvenirs d’enfance de la chair de leur chair. Pis ça tache du colorant rouge t’sais.

À deux ans

À deux ans, ils sont encore petits pis tu t’en sors généralement avec un beau gâteau ben ordinaire avec un dessin de fleur ou de petite auto. De toute façon, la moitié se retrouve sur le plancher. Ça tache du colorant bleu t’sais.

À trois ans

À trois ans, ça se corse. Ton p’tit commence à avoir des goûts pis tu veux donc lui faire plaisir. Ça fait qu’il te demande des fées, des dinosaures et tout autre dérivé. Comme tu t’es pratiquée l’année passée, tu t’en viens pas pire. Ça fait que tu t’essaies à fabriquer une bûche ou une grotte sur laquelle t’assis une figurine en forme de tyrannosaure. Pis finalement, tu t’en sors bien avec les félicitations de ton entourage sur ton beau volcan.

À 4 ans

Ça fait qu’à 4 ans, tu te lances en grand et t’essaies le fondant. Ça à l’air tellement facile, c’est tellement tendance pis y’a tellement de pâtissières qui en font. Pis s’ils vendent du fondant prêt à étaler dans les magasins, ça doit être parce ça se fait par tout le monde t’sais.

Mais non. T’as beau regarder plein de tutoriels, ça se fait pas en criant lapin pis ça nécessite un minimum de talents artistiques que t’es pas certaine d’avoir. Pis si t’as le malheur de ne pas te pratiquer avant ledit événement, tu vas inévitablement te retrouver un vendredi soir à onze heures à essayer d’abaisser ton fondant en vain pendant que ton gâteau refroidit.

Tu vas probablement sacrer parce que ta ganache figera pas et ton gâteau va ressembler à un genre de tour de pise qui tient de peur. Ton fondant va être plein de plis et ce qui devait ressembler à un Minion va ressembler à la grotte de ton dinosaure de l’année passée. Ça fait que les joues pleines de larmes tu vas ravaler ta fierté, tu vas enlever le fondant de là-dessus et tu va découper ce qui reste de comestible avec des emporte-pièce, envoyer ton chum au magasin à la première heure le lendemain pour te ramener des minions que tu vas asseoir là-dessus. Tu vas parsemer le tout de bonbons multicolores et ta marmaille n’y verra que tu feu, à condition que t’aies pas eu la brillante idée de lui montrer la photo avant.

Ça fait que pour l’année prochaine, trouve-toi donc une bonne pâtissière dans ton coin de pays. C’est sa job d’émerveiller ta progéniture et en plus d’avoir du talent, elle aime ça, elle et elle finira pas sa soirée en boule dans sa douche.

Pis quand tu lui donneras ton cinquante piastres, dis-toi que le prix vaut largement ta santé mentale pis qu’au fond, ta progéniture s’en fiche pas mal que le gâteau ne soit pas fait de tes blanches mains tant qu’y est au chocolat.

Myriam Gélinas
MYRIAM GÉLINAS

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