Matins pressés

toast matin pressé

Demain, tu vas te lever tôt. Pas question d’être à la course avec le p’tit pis de faire un marathon maison-garderie-job pis d’arriver à la job avec un highlight qui n’est pas dû à ton contouring, essoufflée et stressée. Non, demain, tu vas te lever à l’avance. Tu vas te faire des omelettes, un smoothie avec ben du kale pis tu vas affronter ta journée telle une Ninja des temps modernes.

Le cadran sonne. Fuck. Pas déjà ? Snooze. Le cadran sonne encore. Fuck. OK, un dernier snooze et tu promets de te lever en feu comme jamais et d’être d’aussi bonne humeur que la mère de Caillou un matin d’été en chantonnant des comptines avec Fiston parce que oui, vous allez être heureux, épanouis, calmes et prêts à affronter une autre journée.

Fin du rêve et du conte de fée. C’est pas aujourd’hui que ça va arriver, tu te lèves finalement tout juste à la limite du dépêche-toi-de-manger-ta-toast-fiston  pis tu manges la tienne dans la salle de bain en te maquillant pis en essayant de faire quelque chose avec tes cheveux. En vain.

C’est un échec monumental côté matin relax. Anyway, la mère de Caillou, elle te tape royalement sur les nerfs.

Pis c’est inévitable. Ta progéniture ne coopère pas. Elle décide de ne pas vouloir une toast au beurre d’arachide mais rien qu’avec du beurre, alors que tu avais déjà mis ledit beurre d’arachide puisqu’elle te l’avait préalablement demandé et que tu avais pris la peine de confirmer son choix avec elle.

Deux choix s’offre à toi fille. Le premier est de plier pour sauver une crise et refaire la toast avec juste-du-beurre-mamannnnnnnnn. Le deuxième est de ne pas plier et créer une crise digne de la troisième guerre mondiale. Dans les deux cas, t’es foutue, fille. Les deux choix viennent de prendre les cinq minutes que tu avais de lousse pour ne pas commencer à stresser d’être en retard.

Pis c’est inévitable. Ta progéniture continue de ne pas coopérer à grands coups de non-maman-je-ne-veux-pas-mettre-ce-chandail-je-veux-mettre-celui-de-Spiderman, qui est évidemment au lavage et du fameux non-je-ne-vais-pas-à-la-garderie-ce matin-je-reste-ici-tout-seeuuuulllll.

C’est à ce moment-là que tu te dois de prendre une trentième bonne grande inspiration.

Après mille et une négociations, mission accomplie, t’arrives au bureau. Exténuée. Déjà.

Café, vite. Tu relaxes enfin et tu prends la grande résolution de te lever beaucoup plus tôt demain.

Le cadran sonne. Fuck déjà ? Snooze.

Marie-Hélène Tremblay
MARIE-HÉLÈNE TREMBLAY

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