À toi, mon boss

mon boss

À toi, mon boss,

Oui à toi, Monsieur-le-Directeur-Machin-Chouette. À toi, le p’tit chef Napoléon avec l’égo aussi gonflé que celui d’Hitler. À toi, qui ajoutés un stress supplémentaire dont je me passerais bien dans ma vie qui brasse déjà pas mal avec des jeunes rejetons. Aujourd’hui, j’ai décidé de crier haut et fort ce que plusieurs pensent tout bas. Aujourd’hui je vais te remettre les points sur les i, les barres sur les t pis les pendules à l’heure.

T’es-tu déjà arrêter pour te mettre dans la peau de tes employés?

À toi, qui arrives au bureau aux petites heures du matin et qui quittes tardivement le soir.

Le sais-tu que moi, quand j’arrive au travail à huit heures moins deux le matin, je mériterais pas mal plus une médaille de l’efficacité 101 qu’un regard accusateur comme si j’avais snoozé jusqu’à la dernière seconde avant de me lever ? Le sais-tu que depuis mon réveil très matinal, je me suis habillée, coiffée et maquillée pour avoir une face et que j’ai déjeuné sur le coin du comptoir tout en finissant le lunch du plus vieux ? Le sais-tu que j’ai aussi fait déjeuner ma marmaille, que je l’ai habillé pis que j’ai pacté la même gang dans l’char pour ensuite faire le taxi entre l’école, la garderie pis le bureau ? La comprends-tu ma broue dans le toupet à 7h58 quand j’arrive – pas en retard – avec le coat ouvert pis les cheveux dans les airs ?

À toi, qui me dévisages telle une employée indigne qui lève les feutres à dix-sept heures tapant.

Réalises-tu que je me dois d’être l’incarnation de la fille hyper organisée et que mon horaire est réglé au quart de tour? Quand la cloche sonne la fin de la journée, je dois reprendre mon service de taxi, préparer le souper, gérer le bébé pis superviser les devoirs et leçons du plus vieux ? Que je dois ensuite ranger mes chaudrons, laver, jouer et coucher ma progéniture ? Le sais-tu que je pose mes fesses sur le sofa pour la première fois passé huit heures chaque soir, claquée de ma journée et qu’après cinq minutes je flash le Kodak ? J’ai décidé de fonder une famille et je l’assume. Mais mon horaire c’est 8 à 5 et je ne  l’ai pas choisi pour rien. Le comprends-tu que chaque jour, toutes les minutes sont comptées et calculées pour arriver à la fin de la soirée avec un semblant de face pis un quart d’once d’énergie pour monter me coucher ?

À toi, qui sembles être prédisposé à accomplir une seule tâche dans la journée, celle de nous cracher tes ordres.

Le sais-tu que moi, je suis l’incarnation de la polyvalence avec un grand P ? T’sais la fille qui accompli toute autre tâches connexe, c’est moi. Durant mes temps libres, je me transforme en femme de ménage, en chef cuisinier, en enseignante, en clown, en couturière, en infirmière et j’en passe. Réalises-tu que, dans le fond, je suis une fille bourrée de compétences dont tu es bien heureux de profiter chaque jour. Une fille qui donnerait tout à ta business pour la faire grandir. Rien que pas au profit de ma propre vie.

À toi, cher patron, aujourd’hui j’ai envie de te dire que ma richesse va au-delà du salaire pour lequel je travaille.

Je suis celle qui te fait profiter de mon efficacité 101, de mon organisation béton et de ma polyvalence avec un grand P.

Mais toi, tu fermes les yeux devant l’évidence. Tu fermes les yeux devant mon rôle de mère qui tente tant bien que mal de concilier le travail et la famille.

Aujourd’hui, je n’ai peut-être pas gagné à la loterie mais j’ai compris que ma propre valeur, mes enfants et ma famille valent tous les gros lots du monde.

Aujourd’hui, je te dis bye bye boss.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L’OMBRE

4 thoughts on “À toi, mon boss

  1. Josée Beaudoin Répondre

    À toi, la collaboratrice dans l’ombre, qui cache son nom pour ne pas être reconnue, sache que tous les verbes qui ont comme sujet le fameux toi s’accordent avec le dit toi, donc à la 2e pers. du sing. Alors à toi qui ajoutes, à toi qui me dévisages…

    Ah oui et puis, oui, les femmes ont du mérite, mais certainement pas plus que leur mère qui, dans les années 70, jonglaient avec les mêmes réalités, mais n’avaient AUCUNE aide de leur conjoint. Arrêtez de vous plaindre, c’est insultant pour elles… Quand je vois une jeune maman arriver en retard à une réunion ou ne jamais être capable de faire un travail d’équipe passé 4h30, sous prétexte que la garderie ferme à 5h, j’ai envie de crier. Moi aussi j’ai eu des enfants, et j’ai dû m’organiser. Et tout comme les femmes des années 70, je n’avais pas de conjoint pour m’aider, car je suis monoparentale depuis que ma plus vieille a eu 3 ans ! Je suis heureuse d’offrir à mes enfants une maman comblée qui travaille au lieu d’être sur le BS, et je ne me plains pas de ma vie. Elle me comble.

    1. La Parfaite Maman Cinglante Répondre

      Bonjour, je vous remercie pour l’erreur de conjugaison; celle-ci est corrigée. En ce qui a trait aux différents points amenés par la collaboratrice, je crois que pratiquement tous les maux sont relatifs lorsqu’ils sont comparés à d’autres maux mais que cela ne devrait pas servir à minimiser les difficultés que rencontre les individus au quotidien. Ce blogue vise à déconstruire l’image de la mère parfaite et à mettre en lumière les tracas du quotidien et je crois que le tracas rapporté dans ce billet est bel et bien vécu par un nombre important d’hommes et de femmes aujourd’hui, la conciliation travail-famille étant par ailleurs un enjeu d’actualité. N’en demeure pas moins que toutes les mamans qui vivent ce problème apprécient leur vie de famille, l’aide de leur conjoint et leurs enfants. On peut se plaindre de certaines choses tout en étant très heureux à la fois et c’est, selon moi, très humain.

    2. Isabelle L Répondre

      Je trouve toujours très triste de lire que certaines personnes (comme vous) se permettent de mépriser les personnes qui choisissent d’améliorer leur sort, plutôt que de calquer leur vie aux difficultés que d’autres ont vécu « dans leur temps ». Je trouve toujours profondément déprimant de réaliser que certains souhaitent presque que les gens subissent le pire pour avoir « droit » d’exiger mieux.
      Je ne suis pas de cette école. Je crois que plus les gens se battent pour avoir mieux, pour faire comprendre que la vie de famille prime sur le travail, que le jugement des autres n’a pas sa place dans une société qui évolue pour le bien-être de chacun, particulièrement des enfants, eh bien, mieux on se portera, collectivement. Si vous êtes incapable de supporter que quelqu’un apporte plus de valeur à ses enfants qui passent plus d’heure à la garderie que vous au travail, je me dis que vous devriez travailler seule, simplement… Car ces gens ont aussi leur place au travail, même s’ils décident consciemment de quitter le bureau à 17h et refusent d’y rester une minute de plus. Si vous avez eu moins de chance, sachez qu’on a probablement aussi moins de chance que la prochaine génération qui entrera sur le marché du travail. Et pourtant, je leur souhaite justement ça, d’avoir mieux, d’être plus heureux, mieux équilibrés que nous. C’est, en principe, ce qu’on devrait rechercher, dans la vie.
      Après tout, qui dirait sur son lit de mort : « Ah! Je regrette de ne pas être resté plus tard au travail quand je le pouvais, plutôt que de m’être occupé de mon équilibre et de mes enfants en priorité! » 😉

    3. Annie Répondre

      Le « sous prétexte que la garderie ferme à 4:30 » n’est pas un prétexte! Quand dans ton quartier avoir une place au CPE est comme gagner à la loto un vendredi soir, et bien tu as pas le choix: tu restes à la maison ou tu les envoies au milieu familial qui ferme à 4:30! T’as pas Ben gros le choix. C’est quoi le problème du 8:30-4:30? C’est 35 hrs semaine pareil! Et sans doute pas mal plus efficace que du 9-5!

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