Quand les matantes s’emballent : fin de semaine de sacoches

sacoche dents

Watch out les femmes, ça s’en vient ! Oh que oui, mes amies, c’est le weekend de filles annuel au chalet qui approche à grands pas, pas feutrés pantoute ! Le party de sacoches dans sa version femmes-ayant-enfanté ! Ça fait que faites vos valises les girlz pis mettez-y vos plus beaux vêtements mous pis vos maillots parce qu’en fin de semaine, c’est pour nous autres que le temps passe. Que du bonheur à l’horizon ! Ça, et un tout petit peu d’alcool. Rien qu’un peu.

Les gars restent à la maison, ils vont s’occuper des rejetons. Bon, j’en connais un ou deux qui vont se sauver chez leurs parents, question de profiter de l’occasion, mais l’important, c’est que nous, on décroche. Pas d’enfants, pas de chum, pas d’obligations. Que nos hommes ressentent le besoin d’avoir le renfort de belle-maman est plutôt valorisant, dans le fond. Ça fait un petit velours d’avoir l’impression d’être tellement essentielle au roulement de la maison t’sais. .

Au programme, spas, jasette, dodo, bonne bouffe et des fous rires à profusion. On se voit pas souvent, on prend encore moins souvent le temps de faire vraiment le tour de nos vies. La tempête qui nous fait passer du lundi au dimanche sans voir les minutes filer nous emporte tellement fort qu’on a besoin de mettre tout ça sur pause une fois de temps en temps. C’est une belle opportunité de s’updater, un bon café Bailey à la main. Comment va le p’tit dernier ? Pis l’entrée du plus vieux à l’école ? Toi pis ton chum, vous vous entraidez ? Y’aura, encore cette année, un p’tit bébé qui peut pas être séparé de son frigo sur deux pattes. Il ne touchera pas à terre, y’a fort à parier. Plus le temps passe, moins il y en aura, de poupons dans nos vies, pis on veut toujours se gâter quand on sait qu’on n’a pas ses couches à changer. C’est impressionnant de voir à quel point l’instinct maternel finit jamais vraiment de s’éteindre.

Les mecs, préparez-vous, vos oreilles vont siller sur un moyen temps parce qu’on a la ferme intention de régler le sort du monde, pis ça, ben, ça passe par vous. Que voulez-vous, vous occupez une bonne part de nos petits mondes, faut pas penser vous en sauver. Nos couples, nos dettes, nos amours, une fois le sujet des enfants vidé, ça va immanquablement finir sur votre cas. Parce que des fois c’est bien de parler dans votre dos, juste un peu. Ça permet de vider son sac et de revenir à la maison avec l’ardoise du ressentiment effacée. Pis souvent, ben, parler sans censure permet de faire le point sur le réalisme de nos attentes. Qui sait, on aura peut-être de nouvelles idées pour organiser notre routine déjà très serrée ? Ou pimenter nos soirées ?

Ces fins de semaines-là, c’t’un peu un baromètre de nos vies, on fait le point, aussi, en jasant avec les filles. Y’a pas grand-chose de mieux que tes amies de cégep, celles qui t’ont vue devenir une femme, pour t’écouter ou te conseiller quand tu sais pu sur quel pied danser avec le p’tit dernier. C’est aussi parfois les seules qui sont autorisées à te confronter parce qu’il y a des moments où c’est bien de se faire brasser les idées.

Pour tous les soirs où on s’endort, plus crevées que jamais, les yeux pochés jusqu’aux pieds pis le cœur gros comme le Rocher Percé de culpabilité, ce soir, on va s’endormir avec l’impression que la pression est tombée, que le couvercle du presto est refermé. Jusqu’à l’an prochain, probablement, mais c’est tellement dur de se faire des promesses quand on sait même pas de quoi sera fait notre journée de demain. Ça fait qu’on va profiter de chaque seconde de ce moment qu’on va passer ensemble pour refaire le plein, pour se gonfler à bloc mutuellement pis on va retourner à maison, dimanche midi, le sourire dans la face pis le bonheur dans les valises.

Michèle Tousignant
MICHÈLE TOUSIGNANT

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