La fin de tes vacances

femme pleure

Ben oui. C’est fini. Tes deux semaines de vacances, celles que t’attendais depuis le 4 janvier quand t’es revenue du congé des fêtes en pleine tempête de neige pour te retrouver entre quatre yeux avec ta progéniture, sont derrière toi. Ouais. Deux petites semaines qui ont passé à la vitesse de la lumière, qui t’ont coûté la peau des fesses pis trois ou quatre nouvelles rides sur le coin des yeux.

On se le cachera pas, les vacances d’été, depuis que t’as des enfants, c’est pu ce que c’était. À vingt ans, vacances au soleil rimait avec rhum, fun pis sun. Aujourd’hui, ça ressemble dangereusement plus à crème solaire, les nerfs pis tolère. Ou colère. Ou calvaire. Mais plus souvent les cinq en même temps.

Quand t’étais jeune, ton principal trip en vacances, c’était de te coucher à pas d’heure, chaude comme une botte, en frenchant dans le divan ou en te tapant un troisième film de filles avec ta chum en mangeant un pot de Häagen-Dazs format familial en caressant l’idée de dormir jusqu’à deux heures de l’après-midi.

Aujourd’hui, toi pis ton chum faites la danse du soleil quand, les yeux croûtés avec un filet de bave séchée sur le menton, vous constatez qu’il est six-heures-toujours-pas-de-son-pas-d’image pis que ça fait ben puisque dans votre grande wilditude de vacances vous avez osé l’inimaginable pis vous vous êtes couchés à onze heures et demie hier soir après avoir bu deux bouteilles de vin dont vous ne vous remettrez pas avant trois jours.

Mais t’sais, outre le fait que c’est un calvaire de chaque instant de planifier, gérer pis coordonner tes vacances familiales estivales, force est d’admettre qu’il se crée là des souvenirs qui repasseront pu.

Comme quand le plus jeune voulait pas embarquer dans l’eau parce que c’était-ben-que-trop-froid-maman, qu’il a crié au meurtre quand tu l’as saucé dans tes bras pis qu’il a fait une crise de bacon sur la plage pendant vingt minutes.

Ou quand le plus vieux a échappé la boule de son cornet de crème glacée par terre, crème glacée achetée deux kilomètres plus tôt, pis que vous avez dû rebrousser chemin pour aller en chercher une nouvelle dans un tonnerre de larmes pis de chialage de l’autre qui trouvait la ride pas mal longue pis qui avait-ben-que-trop-mal-aux-jambes-pour-continuer-de-marcher.

Ou quand t’as setupé le pique-nique pis le char pendant une demi-heure pour aller faire une randonnée pédestre en famille, question d’être en symbiose avec la nature, pis que vous vous êtes faits pognés à la pluie quinze minutes après être débarqués du char, quinze minutes pendant lesquelles les enfants n’ont pas manqué de te faire remarquer à maintes reprises que c’est pas mal plus le fun de jouer à la Wii que de se promener dans le bois.

Ou quand vous avez fait un feu dans le foyer chez vous qui n’a finalement jamais pogné pour cause de bois trop humide pis que vous avez mangé vos guimauves crues en vous lavant les cheveux qui sentaient la boucane.

Ou quand vous êtes allés en camping. Je t’épargne les détails. Je sais que tu n’oublieras jamais même si tu vas retenter l’expérience l’année prochaine.

Mais le cœur et le cerveau d’une mère sont ainsi faits qu’ils ont tôt fait d’oublier les crises, les larmes, les nerfs pis les chicanes.

C’est ce qui t’amène à te repasser les sept ou huit minutes de pur bonheur des deux dernières semaines en boucle avec un motton dans la gorge depuis que tu sais qu’il reste plus ou moins quarante-huit heures à tes vacances estivales.

Pis ça, c’est parce que le temps qui passe ne revient pas. Pis que travailler à la semaine longue, loin de ta progéniture, ne fait pas plus de sens que de camper dans une tente humide avec les bibittes quand tu peux dormir dans un lit queen size.

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