Ton trip à 3 à 40 semaines de grossesse

couple lit

T’sais quand t’es en fin de grossesse – là j’te parle de la vraie fin, pas de quand tu commences à être écœurée mais bien quand ça fait au moins cinq mois et demi que tu te vois pu les pieds, dépassé ton terme, t’sais ce fameux moment quand t’as autant de libido pis de vie sociale qu’une poupée Barbie moisie dans le fond d’un garde-robe – Ma-tante-Jeannine, ta voisine pis ta belle-sœur se permettent avec une aisance troublante de te suggérer de faire l’amour pour accoucher. Pis toi, tu te contentes de leur afficher ton sourire fuck-e-you. .

Parce qu’on le sait toutes qu’à quarante semaines de grossesse passées, ta principale préoccupation c’est de t’envoyer sauvagement en l’air, t’sais. Qu’un moment attend donc pas l’autre pour que tu te déchires le pantalon de jogging-fendu-devine-où pis le chandail-du-syndicat-de-la-construction-à-ton-chum de sur le corps, assoiffée de sexe, t’sais veux dire.

Non, la triste vérité c’est qu’atrocement enceinte, tes principales activités se limitent pas mal à aller pitonner sur Google symptômes-et-signes-imminents-d’accouchement, parvenir à te rendre aux toilettes avant de te pisser dessus ou bien de réussir à t’endormir avec ton rocher proéminent, tes contractions qui te niaisent pis ton Gérard qui te ronfle ça comme un John Deere. Pis là, j’te parle même pas de la game pour te relever de ton lit pas-confortable-pour-deux-cennes, du swing que tu te donnes, advienne que pourra, pour remettre ton pied à terre. Mais bon, peut-être ben que t’as le goût ce soir, t’as comme une petite envie dans tes bas instincts. Remarque que c’est peut-être ben juste ton chili d’à midi que t’as d’la misère à digérer, à suivre.

Entre chéri pis toi, c’est ben clair que tonight is the night. Le pain va faire saucette, tu me suis ? Après tout, t’es sur le bord de craquer, ça pourra pas nuire et des fois que ça déclencherait quelque chose. Y’a de la poussière sur ta valise qui elle, tout comme toi, n’en peut plus d’attendre.

Ça fait que le soir venu, tu rases ton buisson pis j’te dis que c’est toute une job d’émondage que t’as là. Tu t’appliques en sapristi parce que c’est peut-être pas juste ton chum qui va regarder ta belle sculpture, tu le souhaites pis pas mal fort à part de ça. Même si t’as presque l’air de faire des signes de détresse avec ton petit miroir tellement tu shakes, tu gères avec ton rasoir. Une patte là pis l’autre patte flottante, on s’entend-tu pour dire que juste là, t’es une médaillée olympique haut niveau la mère.

Les enfants dorment hein-kessé-ça-?, t’as fermé tes stores, bye bye la visite. Ça fait que t’es rendue là. Au lieu d’éteindre les lumières de ta chambre, tu décides de tamiser, j’te dis que tu feel horny pis pas à peu près. Tu vas même jusqu’à vouloir une ambiance sexy pis tu t’en vas fouiller sur une application bidon qui te propose un mood du style Relaxation of the sea.

Une couple de bruit de vagues plus tard, tu recules pis tu prends un air d’aller pour embarquer sur ta monture, tout ça avec la grâce d’une sirène obèse morbide.

Tout va bien, à part que Relaxation of the sea s’avère être en réalité les cris de trois mâles bélugas sur le bord de la beach en train de caller des chicks, que t’as une crampe dans la jambe gauche pis que ton nerf sciatique te paralyse un coté de la fesse droite.

Gérard pis toi, ben tu comprendras que vous finissez la sale besogne le temps de le dire dans un brouhaha ben bizarre parce qui a des petits cris stridents qui s’échappent désormais de la chambre d’à côté.

Tiens bon, un jour ta sexualité va revenir. Enfin, c’est ce qu’ils disent sur Google.

 

Stéphanie Hébert

         STÉPHANIE HÉBERT


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