L’arrivée du deuxième

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Une fois la grosse adrénaline de la jaquette bleue tombée, te voilà de retour au bercail ben motivée. Toi qui te croyais fatiguée avec ton premier et en fin de grossesse, là j’t’avertis, tu vas vouloir arracher des têtes. Surtout celle de ta belle-mère qui va encore débarquer à toute heure du jour chez vous sous des prétextes plus douteux les uns que les autres. Pis là, ça, c’est pas toute. Toi en Superwoman, tu vas vouloir que ta maisonnée ressemble encore au magazine Chez Vous. Parce qu’avec l’arrivée de ton premier poulet jadis, ça avait encore l’air de quelque chose, ta grotte.

Fille, assis-toi. Il va falloir qu’on se parle. Comment dire. OK. Au deuxième, c’est game over, t’as pu de chances. Du moment où tu vois le signe de croix sur ton test de grossesse, ton premier tombe malade pis son nez coule pour l’éternité ça fait qu’il y a pu rien à faire. Ta chère vie est complètement finie. Du moins celle que t’as connue. Et du coup celle que tu t’étais imaginée. Ça fait que tu vas désormais apprendre à apprécier pour de bon les jouets qui te serviront de couvre-sol.

Fini les graines, scratchs et les taches non identifiées maintenant que tout ce beau monde est enseveli sous l’arsenal d’amusement de ton chouchou #1. Pis si t’as des animaux chez vous, t’es juste encore plus faite. T’étais loin de te douter que l’arrivée de ta deuxième progéniture quintuplerait exposant mille ton nombre de brassées par semaine ça fait que le linge encore-pas-plié-qui-le-sera-pu-jamais sera du coup pas mal plus à portée de main quand il est encore dans la sécheuse ou en tas-pas-loin. Y’en a pas de problèmes, juste des solutions. Ah oui, pis si tu le savais pas encore, ta prochaine religion s’appellera désormais Baby Wipe. Après le café, bien sûr. Ce petit truc humide essuiera tout bien au-delà de ta présente imagination.

On s’entend que tu t’es levée six fois cette nuit. Six fois en six heures. On t’en demandera pas trop côté imagination. On va laisser ça à ton adolescent en lendemain de brosse de vingt-deux mois pendant ta pause caca de quarante-cinq secondes entre deux boires. Lui, en quarante-cinq secondes, assis dans sa chaise haute gluante, il est capable de te repeindre ça, une cuisine. Il faut croire que ce matin, le temps de ta précieuse pause, il s’est transformé en gicleur à lait à en voir le rayon qu’il a laissé tout autour. Bravo champion.

Garde le sourire. Ils disent qu’il faut apprécier chaque moment de cette si courte saison.

Toi et tes chums de filles, qui ont aussi récidivé avec un deuxième cette année, êtes unanimes aujourd’hui, pas un troisième. Jamais un troisième. Même si c’est pas rare, voire fréquent, que la maladie te reprenne pis que t’envoies secrètement un texto à ta meilleure amie en lui disant oh combien un troisième te tenterait. Tu sais, cet appel utérin qui te donne le grand frisson.

Ça dure jamais longtemps et le lendemain, tu lui réécris en caractère gras de t’empêcher de le faire si le goût te reprend.

Aujourd’hui, tu fantasmes sur ce qu’aurait été ta vie sans avoir enfanté pis c’est ben en masse.

Mais tu les aimes, tes enfants. Plus que tout. Ouais.

Stéphanie Hébert

         STÉPHANIE HÉBERT


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