Ta copilote de parc

balancoire parc pixabay.com

Je pense que c’est un fait prouvé, les parcs, c’est l’équivalent des limbes pour les parents. On a des évidences quasiment scientifiques du fait. Fait que quand t’as des triplés si tu veux sortir de là sans ressembler à un zombie dépressif complètement tilté gelé aux popsicles au raisin, ça te prend un solide copilote. Un helper. Ça te prend un mélange de Dalaï Lama pis d’athlète olympique bourré aux stéroïdes avec une connaissance encyclopédique dans les domaines de la santé, de l’éducation des enfants pis aussi des crédits d’impôts pour les familles. Spécialement si t’es une newbie dans le pimpant monde de la parentalité et encore plus si t’es passée de trentenaire-trendy-cool-and-relax à mère-d’une-famille-quasiment-trop-nombreuse en un peu moins de neuf mois. Mais ça, je l’avoue, c’est pas donné à tout le monde, ça fait que je m’étendrai pas sur le sujet.

Ma copilote, c’t’une tough. T’sais, une pro, une genre de Terminator des parcs, mais en mieux. Qui oublie jamais la gourde d’eau pis les Kleenex, qui a un moral d’acier pis qui est capable de sacrer dans ses joues sans que les enfants l’entendent quand je lui roule sur le pied avec mon chariot-pour-trois-flots. Dans une autre époque, elle aurait été canonisée immédiatement.

Notre rencontre a été fortuite, j’étais enceinte du trio, elle vendait des petits souliers, la face lui est tombée quand je lui ai dit dans mon cas, que c’t’ait plus dans le genre portée que dans le genre unique-enfant-chéri-la-prunelle-de-mes-yeux-amour-de-ma vie. Mais elle a pas eu peur, pis elle a pas abandonné. Pis elle m’a rappelée pour aller au parc avec ma gang. RESPECT. Tin din dents, Schwarzenegger.

Comme vous aurez peut-être pas la même chance que la mienne,  je vais vous donner les critères de recrutement cruciaux pour vous aider à trouver vous aussi votre essentielle copilote.

1-Doit aimer tes enfants. Assez pour moucher leur (trois) nez morveux-jaune-vert quand t’as oublié tes mouchoirs, pour endurer sans broncher (autrement qu’en prenant une discrète gorgée de café « aromatisé ») #1 qui fait une crise de bacon parce que #2 est devant elle dans la glissade et assez pour résister à l’envie furieuse de laisser #3 vivre son rêve qui est de quitter le parc au grand galop. Ça, c’est d’l’amour pis c’est nécessaire quand le tien flanche (de façon tout à fait temporaire, on s’entend).

2-Doit avoir des enfants. Essentiel pour avoir bâti un bagage expérientiel éprouvé dans les domaines les plus divers (taille de bobettes-meilleurs gobelets de transition-étiquettes qui décollent pas pour la garderie) et pour accepter sereinement de te suivre au parc avec sa propre progéniture à 7h20 du matin une journée qu’il pleut. Oublie ça, ta chum célibataire sexy aux yeux charbonnés, celle qui sortait avec toi jusqu’à pu d’heure jusqu’à y’a deux ans pis qui t’a promis de t’aider-n’importe-quand-j’vais-être-là, va te suivre une fois pis va rentrer chez elle une heure plus tard en larmes et complètement effarée d’avoir vu tes « petits anges » se transformer en bande d’harpies glapissantes.

3-Doit avoir des principes éducatifs compatibles avec les tiens et savoir les utiliser avec discernement. T’sais, empêcher fermement #2 de se garocher en bas du module de gymnaste mongol en poussant des cris de zoulous pis sermonner vertement mais judicieusement #1 qui vient de tirer les cheveux du p’tit voisin parce que ce dernier prend trop de temps à monter dans « SA » glissade, ça n’a pas d’prix. Surtout quand t’es en train de vouloir te cacher en arrière de la poubelle trop pleine parce que t’es juste tellement trop mortifiée par le comportement de ta marmaille pour faire autrement. Par contre, ces principes éducatifs sains ne doivent pas être assortis d’une rectitude politique perpétuelle, parce que le monde parfait, ça tape royalement sur les nerfs. Rien de mieux qu’un bon « j’vais l’étriper le p’tit ***** » pour te rassurer sur tes compétences parentales et sur ton niveau (très bas) de tolérance.

4-Doit utiliser des stratégies de gestion du stress similaires aux tiennes. Si y’en a que la tisane et la méditation aident, tant mieux pis continuez, ça l’air que c’est bon pour la santé. Mais faut être conscient qu’un (ou deux) GRAND verre de blanc frais, une tablette de chocolat format jumbo caché dans la poussette, et qu’une couple de commentaires bitch font sortir la steam de façon suprêmement efficace. Surtout quand c’est fait en tandem, en se racontant les pires aventures de nos enfants (re : compétence parentale, encore).

5-Doit pouvoir te donner honnêtement son opinion sur des éléments entourant ta gestion parentale. Comme quand tu peux pas te décider à laisser glisser #2 en bas du toboggan de douze pieds pis que tu le retiens par le capuchon de son chandail (« tu l’étrangles comme un peu, tu le sais hein ? »), que tu as préparé des céleris pis des choux-fleurs pour la collation (« t’essaies-tu de les empoisonner ? ») ou que tu penses qu’il-fait-trop-frette-pour-jouer-dehors (« si tu vas pas dehors avec eux ce matin, tu vas les sacrer dehors tu-seuls sul’perron à trois heures ben à boutte, fait que, c’est ton choix »). Ces commentaires, pleins de bon sens, sont essentiels pour te faire progresser dans ton rôle de mère pour que tu puisses devenir un jour toi aussi le Terminator-de-parc de quelqu’un.

Ça fait que si tu connais quelqu’un qui répond à ces critères, prends ton courage à deux mains, mets un genou à terre pis fais ta grande demande. Parce qu’une copilote de parc, c’est le partenaire qu’il te faut pour passer à travers cette période sans y perdre ta santé mentale.

Merci, C, d’être ma copilote déclarée. Parce que je te l’ai jamais dit en ces mots, mais t’assures en t*****.

Maman Au Cube

         MAMAN AU CUBE


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