Les tabous de la grossesse démystifiés

femme toilette

On a tous déjà entendu parler des tabous concernant la reproduction, la grossesse et l’accouchement. On sait que certains sujets sont volontairement éludés lors des cours prénataux parce que probablement qu’une proportion importante de femelles gestantes finirait sa grossesse en position fœtale dans son lit croyant devoir affronter la mort. Ben moi, n’écoutant que mon courage, je m’en vais de ce pas te démystifier ça, les tabous de la grossesse.

Tu sais déjà que très peu de femmes enceintes poussent la gambadette dans les champs en irradiant d’épanouissement, mais laisse-moi te dire un mot : hémorroïdes. Tu crois qu’elles sont réservées aux vieilles madames qui portent des bas de compression ? Que nenni. Et si tu les évites, apprends à épeler constipation, œdème et fuites urinaires parce que c’est pratiquement sûr que l’un de ces maux va te tomber dessus. Google, here I come!

C’pas tout le monde qui se découvre des instincts coquins pendant la grossesse. Y’a même des gens que ça turn off totalement. Pis même des gars, là. Tu prends du volume en haut, oui, mais en bas aussi pis c’est pas toujours évident à manœuvrer dans un lit, un format familial de bonne-femme. Pis après que tu aies donné la vie, y’a des probabilités que tu fasses une confusion entre ton rôle de meuman nouvellement intégré et celui de femme fatale, sorry. Sans oublier que les bobos cités au paragraphe précédent peuvent être incommodants une fois dans le feu de l’action. Ah oui, pis y’aura le p’tit qui va se réveiller, ça fait qu’apprenez à rire de vos ratés, au moins vous aurez de bons souvenirs à défaut d’avoir du bon sexe.

Le prochain point, tout le monde le sait, mais il est bon de le rappeler parce que tu ne vas saisir son importance qu’une fois la deuxième ligne sur le test apparue : tu ne t’appartiens plus. Plus jamais. Ton corps non plus. Ta tête non plus. That’s it. Avec la reproduction, tu te transformes en bien collectif. Ta grossesse, tes intentions, ton ventre, ton alimentation, tes choix d’accouchement, tes non-choix à l’accouchement, y’aura toujours quelqu’un qui aura quelque chose à y redire. Pis c’est rarement pertinent.

Dans la catégorie des symptômes physiques, y’a aussi les lochies post-accouchement. Tu. Vas. Saigner. Quel’crisse. Pendant plusieurs jours, genre deux semaines. T’sais les couches qui se déplient en quatre dans la rangée des serviettes hygiéniques ? Ben prends le modèle encore plus gros quand tu vas faire ta valise d’hôpital. Y’a même des filles qui skippent les serviettes et qui portent des couches à la place. C’est dire.

Tu ne pourras pas t’épiler la zone, les dernières semaines. Pis t’auras besoin de l’assistance de ton chum pour des choses embarrassantes : raser ladite zone, checker l’état de cette zone suite à l’accouchement, appliquer divers traitements à la zone, regarder la zone sécher après le bain de siège que tu lui auras donné pour l’aider à guérir et commenter l’apparence de la zone suite au traumatisme qu’elle aura subi.

Tu dois être avisée, aussi, que peu importe le choix que tu feras pour ce qui est de l’alimentation, ça sera le mauvais pour quelqu’un. Tu allaites ? Tu offres le meilleur de toi-même à ton enfant, mais en même temps, sombre inconsciente, tu files droit dans le mur de l’oubli de soi, de l’abandon au profit de ton enfant. T’es qu’une égoiste qui refuse de laisser ton homme s’impliquer pis tu montres tes seins en publiiiiiic! Tu tires ton lait ? Pourquoi tu fais pas l’effort de faire les choses jusqu’au bout ? Franchement, c’est pas parce que chaque boire te prend deux heures que t’as le droit de revendiquer la permission d’utiliser le terme allaitement comme mode d’alimentation de ton enfant. Pis si tu décides, pour une raison ou une autre de ne pas allaiter, prépare-toi ma chérie, t’as pas fini de voir des faces perturbées te regarder. Tu nourris pas vraiment ton enfant, t’sais. Et peu importe la raison qui a justifié ce choix, une militante de la Ligue aux trois L se lèvera pour t’expliquer que quand on veut vraiment, y’a pas d’obstacle à un allaitement réussi.

Tu vas te perdre dans les bonnes façons d’être maman : les porteuses, les proximales, les faiseuses de pleurer, les conventionnelles, celles qui prennent le congé de neuf mois, celui de douze, celles qui travaillent, celles qui restent à la maison. Y’a celles qui bougent tout le temps, celles qui font du sport dès le lendemain de l’accouchement, celles qui suivent à la lettre le maudit Mieux-Vivre.

Mais dans le fond, la meilleure maman pour ton enfant, c’est toi. La meilleure façon de l’élever, c’est la tienne. Celle qu’il va préférer, c’est toi. Pas la voisine, ni ta grand-mère. Mais toi, sa maman.

Lève la tête et assume tes choix ! N’oublie pas que ce sont toujours les tiens les meilleurs!

Michèle Tousignant

     MICHÈLE TOUSIGNANT


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