Tes affaires de bonne femme : l’été, ton maillot pis tes bourrelets

plage femme maillot

Le moment ultime que tu repousses à grand coup de tee-shirt arrive à grands pas. Dans pas long, tu vas sortir ton maillot. Le premier essai, c’est toujours un cauchemar. Salut les bourrelets, welcome home le tire pis tu penses que t’as perdu ton nombril. Ah non, il est là, en-dessous de tes quatre plis de bedaine. Reste plus qu’à brûler ton bikini pis magasiner les one-pieces. T’sais, comme ceux que portent les grosses matantes qui se font rôtir sur le bord de la plage dont tu riais v’là cinq ans. La roue tourne, c’est à ton tour ma chanceuse !

Mais t’sais, c’est pas grave. Parce que t’es une belle maman. Tes vergetures c’est comme des griffes d’animaux sauvages pis tes bourrelets, ça en fait juste plus à aimer. Il faut que tu sois fière de ton corps après le chemin qu’il a fait. T’as donné la vie pis t’as peut-être un peu abusé des BigMacs, c’est pas rien t’sais !

T’entends ça chaque année. Ce bon vieux classique qui te donne un hype qui dure plus ou moins vingt minutes. Tu mets ton one-piece en te disant « Fuck that », tu débarques sur la plage avec tes grosses lunettes soleil pis ton huile Banana Boat pis tu marches sur le bord de l’eau en te déhanchant comme Baywatch sur une trame sonore mentale rock qui met ta confiance en toi en valeur. Tu t’assois sur ta serviette Budweiser, t’étends ton huile à tan ou ta FPS 60 avec ta bouche en cœur, pis tout d’un coup, tout s’arrête. Tu viens de tomber face à face avec une masse graisseuse qu’aucune trame sonore ni aucun one-piece ne peut véritablement couvrir : ton tire, toujours mis en valeur quand tu t’assis. À part de te garrocher de la FPS 60 dans les yeux, tu peux pas le manquer. C’est normalement là qu’une gang de pitounes ben slims de vingt ans passent dans ta face en bikini en riant fort, que tu fais une petite overdose d’amertume pis que tu vomis un peu dans ta bouche. Bye bye Baywatch, bye bye la toune rock, bye bye le hype « Fuck that ». À cette étape-ci, tu remets ton tee-shirt ou t’enroules ta serviette Budweiser autour de ta taille. T’aurais dû t’amener deux serviettes.

J’aimerais ça te dire d’accepter ton corps comme il est pis de te trouver belle dans le bikini rose que tu mettais v’là trois ans. Mais ce serait hypocrite de ma part. Parce que la recette marche pas sur moi. Parce que c’est vrai que t’as engraissé depuis que t’as accouché. Parce que même si les standards de beauté te font vomir, t’as le goût d’être mince pis d’avoir un ventre en béton comme dans le temps. Pis tu vas toujours en avoir envie. Pis c’est pas parce que tu te prends pour une femme fatale cinq minutes sur le bord de la plage que tu te pogneras pas le mou de ventre en faisant une grimace dans le miroir demain matin.

Moi, je me trouve belle toute habillée avec un kit neuf le vendredi soir. Mais dans mon bikini, je trouve que j’ai l’air d’un petit jambon ficelé. Pis sais-tu quoi, j’ai ben le droit. Ouais, dans cette ère où dénigrer son propre corps est proscrit, je déclare que j’ai l’air d’un petit jambon ficelé en bikini. C’est de même. Y’a pas de recettes magiques pour régler ça. Je me regarde pis je me désole. Life is a bitch. Pis je passe à un autre appel. Pis quand je me tape trop sur le nerfs, je remets mon tee-shirt. T’sais, on le sait pas, ça va peut-être me sauver du cancer de la peau.

Pas besoin d’aller suivre une thérapie. Pas besoin de te crinquer chaque fois que tu sors ton bikini en te disant que t’es sexy ou que t’emmerdes la planète. Ça se peut qu’à tes yeux, ton corps te revienne plus jamais en maillot de bain. Que les ben-non-t’es-super-belle aillent pas le moindre impact sur ta personne pis que tu te pognes systématiquement le gras de bourrelet quand tu passes devant un miroir. Mais rappelle-toi qu’on est des centaines de milliers de petits jambons ficelés un peu déprimés. T’sais, t’as le choix d’en rire ou d’en pleurer.

Ça fait que la prochaine fois que tu vas à la plage, au lieu de spotter les quatre filles slims de vingt ans qui boivent de la Tornade, spotte toutes les autres qui se pogne le gras de bedaine ou qui le cache en-dessous de leur one-piece plate. Fais un highfive mental avec elles, restart ta toune rock pis fais-toi aller le tire. Tu te trouveras peut-être pas cute mais c’est le genre d’affaire qu’on oublie quand on a du fun.


Une réflexion sur “Tes affaires de bonne femme : l’été, ton maillot pis tes bourrelets

  1. Vanessa larocque Répondre

    Bien dit! Highfive!!

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