À toi, le parent qui a engueulé mon enfant au parc ce matin

parent qui a engueulé mon enfant

Cher parent qui a engueulé mon enfant au parc ce matin,

Je vais essayer de faire ça court. Ce matin, ta fille pis mon gars étaient déterminés à traverser les barres parallèles du parc d’à côté. Sauf que ta fille n’a ni les bras ni le courage de Tarzan et elle passait son temps à s’arrêter, à pleurer sa vie et à hurler que ses-mains-saignaient-c’était-certain. Le problème, c’est que sa tête dure refusait d’abandonner malgré ses propres menaces et mon gars, qui la suivait de près, n’a pas eu trop le choix de la dépasser et de lui donner un coup de coude au passage, provoquant sa chute, ses larmes et une crise d’hystérie.

Avant de continuer, je veux te dire que oui, j’aurais du être là pour voir la chute de l’ange mais malheureusement, j’étais de l’autre côté du parc avec fiston #2 qui venait de s’écorcher l’orgueil plus que le genou en s’enfargeant dans ses propres pieds. Ça fait que non, j’étais pas là. Est-ce que ça te donnait le droit de parler à mon fils comme si t’étais le roi d’Angleterre ? Est-ce que ça te donnait le droit d’agir comme si tu étais la personne à charge de MON gars ?

Laisse-moi y penser…

La réponse est oui.

Je n’ai pas eu la chance de te le dire aujourd’hui, mais je voulais te remercier. Parce que si mon fils agit comme un parfait imbécile et que je ne suis pas dans les parages, t’as le droit de lui dire de se calmer le pompon. Je te laisserai jamais le toucher ou lui crier après avec la grosse veine qui te sort du cou mais considère-toi parfaitement libre de lui dire qu’y’a pas d’allure s’il attend pas son tour dans les barres parallèles ou s’il essaie de grimper dans la glissade pendant que ta fille essaie de la descendre. Ou s’il lance du sable dans les airs. Ou s’il dit des gros mots. Ou s’il intimide un ami. Ou s’il fait n’importe quoi de parfaitement débile qui manque de respect envers quelqu’un d’autre.

Parce que même si t’es pas son parent, t’es un adulte. Ça veut dire que, logiquement, t’es plus brillant que lui.

Je vois déjà de loin, de très très loin, tous les parents outrés parce que leur enfant vient de faire le jambon, qu’ils ont manqué son mauvais coup et qu’un étranger intervient en lui donnant une taloche verbale en arrière de la tête. Mais pas moi.

Un vieil adage dit que ça prend un village pour élever un enfant. Ces jours-ci, le village s’étend à des millions de personnes encabanées dans leur bungalow qui pèsent sur F5 en continu pour s’assurer que la cyber-carte des prédateurs sexuels n’annonce pas de mauvaises nouvelles dans leur quartier. On vit seul, on meurt seul pis on connait pas le nom de son voisin. Je sais ben qu’on dort plus côte-à-côte dans une caverne, qu’on se réunit plus à l’église tous les dimanches et qu’on se rassemble plus autour d’un feu de joie le soir en faisant des danses bizarres avec du maquillage dans la face. Mais on peut encore faire le choix de vivre ensemble. Pis moi, c’est le choix que je fais.

Ça fait que je suis désolée de ne pas avoir été là pour faire ma job ce matin. Merci de l’avoir fait pour moi.

***Cet article est traduit du texte Dear stranger who disciplined my kiddo at the playground today du blogue américain Baby Sideburns.

Lisez aussi Les nerfs Madame Blancheville : la balayeuse et L’interminable phase du Chu-capab’-tout-seul-maman.


Une réflexion sur “À toi, le parent qui a engueulé mon enfant au parc ce matin

  1. Marie-France Lapointe Répondre

    Je suis fière de ce commentaire, car je crois que meme si on est pa parfait des fois.. d’autres peu faire leur part même si notre orgueil en prend un coup.. koodo.. d’avoir accepter et non critiquer ce moment

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