Le papa parfait

 

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Volodymyr Tverdokhlib/123RF

 

La réalité, c’est que je pensais sincèrement que les gars qui faisaient le ménage n’existaient pas. Que ceux qui récuraient volontairement la toilette sans engagement préalablement écrit et dûment signé ne voyaient franchement pas l’intérêt de décrotter la cuve juste pour faire plaisir à leur blonde. Que s’ils empoignaient exceptionnellement le Comet suite à l’alignement de l’étoile polaire et la voie lactée était indubitablement dans l’objectif ultime et d’une subtilité peu commune de s’envoyer en l’air. Parce que, entendons-nous, même avec une libido digne de s’appeler libido, quand on est mère de famille et qu’on se tape une journée standard de semaine, après le réveil à 5h30, la job, le souper, les devoirs, le lavage, la vaisselle, le bain et les chicanes, on a normalement la tête dans le derrière et ça s’arrête là. Ça se conclu, filet de bave au menton, évachée sur le divan, espérant une intervention divine pour se transposer dans la chambre à coucher alors que, pour une raison physiologique qui nous dépasse, le chum, lui, a encore un tantinet d’énergie. On se voit alors dans l’obligation de chercher activement la meilleure raison de se défiler quand, couchés en cuillère, il nous embrasse sensuellement dans le cou en nous soufflant ses besoins primaires à l’oreille.Tant mieux si vous êtes du genre willing mais bien franchement, pas besoin de faire vos femmes fatales, soyez honnêtes avec vous-même et avouez que vous préférez bien souvent échanger votre partie de jambe en l’air contre 30 minutes de sommeil supplémentaires. Que, même si l’envie est là, vous vous découragez avant de vous mettre à respirer trop fort en vous imaginant déjà l’effort occasionné par les changements de positions, ou pire, par la pensée que vous pourriez vous retrouver sur le dessus et vraiment devoir donner votre 100%, question de varier la game. Peut-être, finalement, qu’une majorité de filles préfère le sexe avec des chandelles en position missionnaire parce que c’est franchement moins fatiguant qu’une partie de jambe en l’air YouPorn un mardi soir. Mais c’est un autre débat. Passons.

Bref, pour toutes ces bonnes raisons, passé vingt-deux heures, vous trouvez habituellement les bras de Morphée pas mal plus attrayants que les bras de votre homme. Sauf s’il vous reste un tant soit peu d’énergie parce que vous avez bu une bouteille de vin votre homme vous a donné un coup de main. Un vrai là. Qu’il ne s’est pas contenté de baisser la lunette de toilette avec la fierté d’une mère qui voit marcher son enfant pour la première fois en vous demandant d’être reconnaissante.

Vous aviez peut-être votre journée dans le corps mais vous l’avez trouvé beau quand il a essuyé les fesses de votre plus jeune après son caca-pipi. Vous l’avez trouvé pas mal hot quand il a remué le spaghetti dans le chaudron pour éviter que ça colle au fond de sa propre initiative. Et vous avez vraiment eu envie de le frencher quand il vous a dit de rester assise quand les enfants vous ont demandé un refill de pâtes et qu’il est revenu avec un refill de vin. En quelques heures, par des actions simples et banales qui lui demandait finalement bien peu d’efforts, il a pris soin de vous, il a mis votre mauvaise humeur potentielle K.O. et vous avez eu un regain d’amour qui s’est transformé en regain de désir quand il vous a embrassé dans le cou, en cuillère, quand vous vous êtes couchés, 30 minutes après les enfants, parce qu’il vous restait du jus et que le sentiment d’amertume se traduisant par «C’est toujours moi fait toute icitte, tu fais jamais rien, oublie la partie de jambe en l’air mon grand » était maintenant remplacé par l’envie de partager un bon moment avec le gars attentionné et sexy avec qui vous partagiez votre vie.

Je ne veux pas vous mettre la pression. Je ne veux pas vous dire que vous aurez des comptes à rendre à votre chum s’il vous donne un coup de main ce soir. Mais je veux dire à votre chum que s’il vous donne un coup de main quotidiennement, il en tirera sûrement des bénéfices (entendre ici bonne humeur et plus de sexe). Un jour, j’ai entendu un gars dire qu’il passait rarement la balayeuse pour ne pas que sa blonde prenne l’habitude de le voir le faire et qu’elle ne trouve plus le geste exceptionnel. Ce gars-là n’a clairement rien compris. S.V.P. remplacez le cours d’économie familiale de notre jeunesse par un cours de gros bon sens pour les gars qui vivent en famille et qui ont tout intérêt à donner un coup de main à la femme qu’ils aiment. C’est payant, promis. Chum à l’appui. Lui, y’a toute compris et en plus, il fait ce qu’il fait par amour et non par intérêt. Ça, c’est l’étape des experts. Et c’est encore plus payant.

 


3 thoughts on “Le papa parfait

  1. Anonyme Répondre

    Moi ce que je ne comprends pas, c’est que les filles qui sont en couple avec des gars morons de même, ne réalisent pas avant d’avoir un enfant avec le-dit moron qu’il ne changera pas après avoir eu des enfants. Tsé si ton homme est pas capable de laver la vaisselle, de passer la balayeuse pis de cuisiner une fois de temps en temps, ou du moins de s’occuper de la vaisselle après que sa blonde ait fait la bouffe, ben fille, attends toi pas à ce que ça change après les enfants! Si t’a jamais fait réalisé à ton homme que t’es pas une boniche ni une cuisinière, pis en plus de ça une éleveuse d’enfant à temps plein, y serait pte temps que tu te trouves quelqu’un qui te considère comme son égal, et non pas comme son semi-esclave. Pis c’est pas une question de faire ça par « amour » ou par intérêt, mais une question de faire ça « normalement ». Qu’on est plus en 1950 et que t’a une vie à deux, ben toute se fait à deux. Ya pas d’écrit « exclusif aux femmes » sur la vaisselle et « exclusif aux homme » sur la tondeuse pis les poubelles.

  2. A.Nonyme Répondre

    Ouf… Malheureusement, messieurs, j’ai peur que la vie ne soit pas aussi simple.

    D’emblée, disons les choses comme elles sont : le partage des tâches ménagères et du ménage est un élément très important de la vie de couple. Et en tant qu’hommes, vous devrez assumer la part du lion de ces tâches – ce qui implique de viser un équilibre d’environs 60-40 (où vous assumez le 60%) des tâches courantes et quotidiennes, et tendre vers le 100 % des « grosses » tâches, telles les réparations, rénovations, déplacement de meubles, sortie de poubelles et poses de tableaux (sans oublier -mais avouez que vous vous sentez mâle dans ce temps là- votre rôle de guerrier-exterminateur d’insectes et bibittes en tout genre) ainsi que ce qui relève des « trucs compliqués et/ou plates », comme faire les impôts, négocier les fournisseurs de service pour la télé et Internet, classer les documents importants, ou encore téléphoner à votre propriétaire pour lui dire que le chauffe-eau de l’immeuble a -encore- des problèmes. (Notons qu’on ne parle pas ici de la question des enfants : ici, la règle du 50-50 devrait être de mise ; mais c’est hors-sujet – ce commentaire se penchant uniquement sur la question des tâches ménagères)

    Est-ce équitable ? Non. Est-ce juste ? Oui.

    En tant qu’homme, c’est votre rôle et votre devoir d’être un pilier pour votre femme, de la décharger des tracas de la vie quotidienne, d’être là pour elle et de lui rendre la vie plus facile et plus agréable. Vous le lui devez du simple fait qu’elle est en couple avec vous – et ce sentiment du devoir masculin d’aider à la vie du couple devrait par ailleurs vous venir spontanément (s’il n’est pas là, posez-vous des questions sur votre investissement). Vous ne pouvez pas simplement vous contenter d’en faire *autant* qu’elle (et, à plus forte raison, il est inadmissible que vous en fassiez moins!) ; vous devez en faire *plus* qu’elle, pour que votre femme puisse profiter de ses moments de liberté et faire ce qui lui plaît, comme elle le faisait avant vous, avant la relation, avant les enfants et tout, bref du « temps-pour-moi ». Vous devez tout faire pour que votre chérie ne considère pas votre relation, votre unité familiale, comme une prison qui l’empêcherait de jouir de sa liberté et de sa vie – si jamais elle en arrive là, la rupture n’est pas loin.

    (Oui, mais, j’entends déjà, qu’en sera-t-il du « temps-pour-moi » de Monsieur ? Deux choses sont à dire à cet égard. Premièrement, vous en aurez quand même – moins, mais pas zéro. Deuxièmement, le temps passé avec votre chérie compte comme du « temps-pour-moi ». C’est un privilège que vous devriez chérir – si vous préférez jouer à League of Legends plutôt que de vous soucier du bonheur de votre compagne, demandez-vous ce que vous faites en couple et demandez-vous si vous n’êtes pas resté un peu trop adolescent…)

    Par contre…

    Il est -et je dis ça avec le plus grand respect pour l’auteure- faire l’équation de « aider dans les tâches ménagères = sexe » est presque choquant.

    Peut-être. Peut-être que si vous transformez vos habitudes et passez de la patate fainéante au partenaire investi et dévoué, pendant un temps, l’attrait de la nouveauté vous vaudra quelques faveurs au lit. Mais considérez-les vraiment comme des encouragements temporaires, qui s’évanouiront lorsque la chose sera devenue commune. Votre chérie ne le réalise sans doutes pas elle-même, c’est du bon gros subconscient : elle ne fait pas ça pour vous motiver – c’est simplement un effet secondaire agréable d’un soudain gain de temps libre : ça donne un boost de bonne humeur inhabituelle qui peut se traduire en libido. Mais lorsque les semaines et les mois auront passé avec votre maintien du rythme, l’inhabituel sera devenu régulier et le temps libre « supplémentaire » que vous accordez à votre douce (auquel elle a par ailleurs droit, rappelons-le!) ne justifiera plus de « boost » libidineux.

    Et c’est là où les choses se compliquent. Si vous continuez à avoir des expectatives charnelles en « contrepartie » de votre travail domestique, vous vous dirigez droit vers le crash en flammes.

    Disons-le pour que ça soit dit : dans un couple, le sexe, c’est l’affaire de Madame, et de Madame seulement. Vous n’avez absolument aucun droit d »« exiger » du sexe (c’est son corps, pas le vôtre), et il est presque pathologique de penser que vous pouvez « troquer » du sexe en échange de votre travail ou de vos attentions (c’est presque déconsidérant pour Madame en traitant son intimité comme une forme de marchandise). On le sait bien, les hommes ont généralement envie de sexe 98 % du temps d’éveil (les 2 % restants, c’est quand ils sont en train de manger). Comme votre désir est toujours en mode « Oui » (bien sûr des circonstances exceptionnelles, comme le deuil, la maladie, le surmenage, etc. peuvent mettre tout à fait légitimement la switch à « off », mais on parle ici de règle générale), il faut attendre qu’un « oui » réciproque vienne spontanément de la part de votre partenaire.

    Bien sûr, vous avez tout à fait le droit de chercher à « créer les bonnes conditions » (et c’est fortement recommandé!) : la bouteille de vin, le massage, le film qui lui plaît, etc. (vous savez ce qu’elle aime) – et le fait de dégager du temps libre à votre moitié aide à « créer les bonnes conditions », mais ultimement, c’est seulement l’envie de Madame -qu’elle est la seule à gérer- qui sera le facteur décisif. Vous ne pouvez prétendre à aucun droit, aucune obligation de Madame envers vous pour du sexe, même si vous lui achetez une voiture en or – et à plus forte raison, du simple fait que vous ayez fait du ménage.

    Et que faire si vous avez « fait tout ce qu’il faut », mais que Madame ne veut pas ? Deux choses : premièrement, continuez à essayer, ne lâchez pas (et réalisez par la bande que vous devriez faire ce qu’on attend de vous spontanément, sans espérer de « récompense » en retour : vous êtes un homme où un enfant?) et n’arrêtez pas de chercher à la séduire en pensant uniquement à elle (vous devez mettre le « moi » de côté. Madame le sait parfaitement que vous voulez jouer sous les couvertures, pas besoin de le lui rappeler). Deuxièmement, ne « prenez pas les choses en main » en solitaire – vous devez impérativement attendre que Madame en ait envie. Si vous faites ça, c’est une forme d’infidélité, où vous trompez votre femme avec vous-même, et où vous la privez de votre corps si par hasard elle en avait envie alors que vous êtes déjà satisfait.

    En gros, le partage des tâches ménagères n’a rien à voir avec le sexe, pas plus que vos petites expectatives et envies égoistes. C’est une affaire de désir mutuel qui repose sur le fait de rendre votre chérie suffisamment heureuse et de la séduire suffisamment pour qu’elle ait envie (1) de sexe et (2) de vous. Et ça, c’est une réalité incontournable. Si vous ne pouvez pas la vivre, retournez au célibat.

    1. UnHomme Répondre

      À l’anonyme qui pense que « viser un équilibre d’environs 60-40 (où vous assumez le 60%) des tâches courantes et quotidiennes, et tendre vers le 100 % des « grosses » tâches » devrait être la norme et qui termine sur un « En gros, le partage des tâches ménagères n’a rien à voir avec le sexe ». Deux messages différent dans un seul commentaire, bravo.

      Si ce n’était pas déjà assez, tu en rajoutes : « Deuxièmement, ne « prenez pas les choses en main » en solitaire – vous devez impérativement attendre que Madame en ait envie. Si vous faites ça, c’est une forme d’infidélité ». Si ton but était de convaincre le lecteur que t’es une féministe arriérée, c’est réussi! T’as jamais mis la main dans tes bobettes pendant que ton homme était pas là? Tu penses que si lui fait ça en solo c’est comme s’il te trompait? Pauvre de toi… ta vie va être plate en maudit si tu attends que les astres s’alignent pour que vous ayez envie en même temps et surtout que vous ayez le temps de faire ça.

      J’ai envie de te dire « c’est quoi ton problème? » La vie à deux, c’est une affaire de couple et ça se règle entre deux personnes. Ça se vie dans le respect et dans l’écoute, pas à grand coup de « belles règles » à deux sous comme tu essais de nous l’enseigner.

      Pour toi il semble n’exister que le modèle du « mâle alpha », tsé un vrai homme qui se tape 60% des tâches parce que sa tendre moitié c’est une pauvre petite femme. Un homme qui doit prendre le fardeau de sa femme et ne souffler mot des siens. Une vision comme celle-là, c’est encore pire que celle d’un vieux macho qui demande une bière, un souper sur la table et des enfants bien rangés en arrivant de travailler.

      Tu dis « On le sait bien, les hommes ont généralement envie de sexe 98 % du temps d’éveil (les 2 % restants, c’est quand ils sont en train de manger). Disons-le pour que ça soit dit : dans un couple, le sexe, c’est l’affaire de Madame, et de Madame seulement. » Puis-je me permettre de dire « arke »? C’est pas une affaire de madame ou de monsieur, c’est une affaire de respect.

      « Deuxièmement, le temps passé avec votre chérie compte comme du « temps-pour-moi » ». Pas vraiment. On a tous besoin de temps pour soi dans la vie, ça permet d’être au centre de son univers, de se donner des objectifs, de faire de l’introspection ou de lâcher prise et de se mettre à off, de faire sortir le stress. Des fois ça peut-être de se coller dans le divan avec sa blonde et d’écouter un film poche à la télé, des fois c’est une « game de Leagues of Legends » et pour d’autres c’est de s’enfermer dans une pièce pour « gosser du bois ». Tout le monde à besoin de sa bulle, même les vrais-hommes-qui-aiment-leur-femme-pour-vrai.

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