Ta face longue (1 de 2)

maman fatiguée
Crédit: loganban / 123RF Stock Photo

Je vous ai vues hier, au parc. Toi et ta face longue. Tu avais l’air vidée. C’est normal parce que tu t’es levée à 5h45 quand ton plus jeune s’est réveillé. Tu l’as installé devant Lazytown et tu t’es dit que ça ferait bien, un bon café. Mais tu as entrevu le panier de linge sale et l’appel du ménage t’a contraint à rebrousser chemin et à parcourir les 3 étages de la maison familiale à la recherche de bas assortis et de bobettes qui puent. Quand tu as refermé le capot de la laveuse, tu t’es rendue compte que tu avais faim. En route pour le frigo, tu t’es rappelée que tu avais promis des crêpes à ton plus vieux et, puisque le mélange devait reposer 30 minutes, tu n’as fait ni une ni deux. Mais tu n’avais plus qu’un œuf. Qu’à cela ne tienne, tu as décidé d’espérer que ça marche pareil. Une fois le mélange réfrigéré, ton plus jeune t’a annoncé qu’il avait faim. Tu as essayé de le convaincre d’attendre son frère pour déjeuner, tu as vraiment voulu tenir ton bout, mais tu as cédé lorsqu’il s’est mis à se contorsionner sur le divan en hurlant qu’il allait mourir de faim et qu’il allait te dénoncer à la DPJ. Il avait effectivement très faim. 2 toasts, un bol de céréale, un yogourt et deux plats de fruits plus tard, il te considérait définitivement comme sa servante et tu avais abandonné l’idée de pouvoir t’asseoir entre ses différents services.

C’est là que ton plus vieux s’est levé en proclamant qu’il voulait ses crêpes comme s’il était le roi d’Amérique. Tu as jeté un peu de beurre dans la poêle et tu t’es affairée à faire cuire tes crêpes tout en les garnissant, en tentant, tant bien que de mal, de n’en faire brûler aucune puisque celles-ci seraient assurément refusées au conseil t’obligeant à en cuire une quantité supplémentaire, ou pire, à concocter un 2e mélange, ce qui était physiquement impossible puisqu’il ne restait plus d’œufs. Quand tu as retourné la dernière, ton chum s’est levé. Il était 8h00 et il était de bonne humeur et reposé. Toi, tu avais déjà une face de carême.

Tu as entrepris de faire la vaisselle en mangeant les restes de crêpes et de toasts froides de tes deux garçons, ceux-ci ayant abandonné le navire avant de se desservir pendant que ton chum zappait en bobette. Les enfants se sont mis à se chamailler à propos d’un bloc lego en forme de moto de police, l’un a crié, l’autre l’a tapé, c’était de la faute de l’un, non c’était la faute de l’autre. Le nombre de décibels s’est mis à monter inversement proportionnellement à ta patience qui elle prenait le large et n’était plus que visible qu’au loin, très loin. Comme un petit point noir à l’horizon sur le bord de disparaître. Pour toujours.

C’est là que ton chum est arrivé dans ton dos et a largué cette bombe digne de la troisième guerre mondiale : « Ça vas-tu ? Me semble que t’as l’air bête. » Il était 8h15.

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